L’érosion côtière gagne du terrain

Le 13 février 2017 par Stéphanie Senet
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L'érosion touche déjà un quart du littoral
L'érosion touche déjà un quart du littoral

Une évaluation précise de l’érosion côtière dans l’Hexagone est actuellement pilotée par le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Elle pointe d’ores et déjà les zones les plus menacées.

Pour mesurer l’évolution de l’érosion du littoral, le ministère de l’environnement a chargé le Cerema, en 2011, de publier un indicateur national, dans le cadre de la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte. «On ne disposait jusque-là que des catalogues sédimentologiques des côtes, qui ont été publiés entre 1984 et 1995», explique Pierre Vigné, responsable du pôle Littoral au Cerema. «Par ailleurs, les observateurs régionaux ont travaillé chacun dans leur coin, ce qui ne facilite pas la comparaison des données».

Chargé de réactualiser et d’organiser les informations, le Centre d’études a démarré sa cartographie[1] du territoire en le séparant en 20 provinces sédimentaires, dont 10 en métropole et 10 en outre-mer (à une échelle 1/100.000). Si quelques éléments sont déjà disponibles sur le site Géolittoral, le premier fascicule régional, visant le littoral compris entre la baie de Somme et la frontière belge, est attendu pour l’été 2017, selon Boris Leclerc, chef adjoint de la division de l’aménagement au Cerema.

La synthèse nationale ne devrait pas sortir avant 2018. «Notre cartographie se base sur la comparaison de clichés aériens avec des données remontant à 1947», détaille Pierre Vigné. Les premiers résultats montrent que 22% des côtes sont en recul selon des vitesses variant de 0,1 à 8 mètres par an. Au total, le territoire a perdu 26 kilomètres de linéaire côtier entre 1949 et 2005.

 

Zooms régionaux

Le Cerema prépare également des déclinaisons régionales. Une équipe travaille ainsi sur l’évolution de l’érosion en Seine-Maritime, de façon à obtenir des données plus précises. «En général, nous effectuons des comparaisons tous les 200 mètres. Mais dans le cadre de ce projet, nous allons étudier des points de relevés situés tous les 25 mètres», ajoute Pierre Vigné.

«Depuis novembre 2015, nous effectuons des relevés géophysiques sur le site des vaches noires à Villers-sur-Mer [Calvados, ndlr], ce qui nous permet de comparer les modèles numériques», complète le chercheur Cyril Fauchard. In fine, l’objectif est d’accumuler les éléments permettant de sensibiliser les élus pour qu’ils envisagent l’évolution du littoral dans 25 et 30 ans et qu’ils mettent en place des stratégies d’adaptation précises.

 

En première ligne

«Avec un recul du trait de côte allant jusqu’à 1 mètre par an, le Pas-de-Calais est aujourd’hui le département le plus touché», affirme Pierre Vigné. La Gironde est également fortement exposée, avec une érosion dépassant 50 cm par an, tout comme la Charente-Maritime, le Gard, les Bouches-du-Rhône, la Manche et l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon.

 



[1] Ces travaux sont réalisés en collaboration avec l’Université de Caen

 



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