L’épuisement des nappes souterraines accroît l'insécurité alimentaire

Le 30 mars 2017 par Stéphanie Senet
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La Chine fait partie des pays exerçant les pressions les plus fortes sur les eaux souterraines
La Chine fait partie des pays exerçant les pressions les plus fortes sur les eaux souterraines

La mondialisation du commerce des denrées alimentaires assèche les eaux souterraines, révèle une étude publiée le 29 mars dans la revue Nature.

 

C’est la première fois que des chercheurs analysent, de façon globale, les conséquences de la production alimentaire mondiale sur les eaux souterraines. Jusqu’à présent, les études se sont focalisées sur l’impact de l’irrigation, dont  un cinquième des volumes puisés proviennent de ressources en eau non durables.

Pour mettre en exergue l’épuisement des nappes, les scientifiques ont, cette fois, comparé le volume d’eaux souterraines prélevé au taux de recharge naturelle, en tenant compte des besoins naturels d’écoulement liés à l’environnement. Ils se sont basés sur la production de 26 cultures entre 2000 et 2010 et sur le commerce de 360 produits agricoles.

 

Pression accrue en 10 ans

Résultat: le taux de prélèvement non soutenable  (GWD ou groundwater depletion)s’est intensifié de 22% en seulement 10 ans, passant de 240 kilomètres cube d’eau à 292 km3. Il s’est particulièrement aggravé en Chine (+102%), aux Etats-Unis (+31%) et en Inde (+23%).

De quoi menacer non seulement la pérennité de la ressource aquatique mais aussi la sécurité alimentaire au niveau mondial, concluent les auteurs.

 

Mondialisation de l’eau

Sur le plan géographique, les zones cultivées exerçant la plus forte pression sur les eaux souterraines se trouvent en  Inde (pour le blé et le riz surtout), au Pakistan et aux Etats-Unis. Trois grands pays exportateurs de denrées alimentaires. Les cultures trop gourmandes en eau sont le blé (dont le GWD représente 22% du total), le riz (17%), la canne à sucre  (7%), le coton  (7%) et le maïs (5%).

Si les Etats-Unis, le Mexique, l’Iran, l’Arabie Saoudite, et la Chine figurent  parmi les 10 pays les plus grands consommateurs d’eau non durable dans l’agriculture, la réalité s’avère beaucoup plus complexe. Ainsi, l’Iran importe du riz du Pakistan,  irrigué avec de l’eau provenant des nappes du Haut-Gange et de l’Indus inférieur. De l’or bleu extrait à des taux  jusqu’à 50 fois supérieurs au taux de rechargement naturel.

Pour sa part, l’Iran exporte des cultures irriguées par l’aquifère perse, à un taux de prélèvement 20 fois trop élevé. «Le taux d’épuisement est alarmant. Si les réserves d’eau s’épuisent, le prix de la nourriture va augmenter, ce qui va toucher l’ensemble de la population mondiale», alerte Carole Dalin, de l’université de Londres, qui a piloté l’étude.

Cette nouvelle étude ne va pas faciliter les courses, de celles et ceux qui s’intéressent à l’impact environnemental de leur alimentation. Car si la viande rouge affiche une empreinte eau déplorable (15 tonnes d’eau par kg de viande rouge), blé,  riz, et  sucre font désormais figure, eux aussi, de grands assécheurs patentés.

 



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