L’EPR du futur manque déjà de compétitivité

Le 19 septembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'EPR du futur ne sera pas concurrentiel par rapport aux ENR électriques.
L'EPR du futur ne sera pas concurrentiel par rapport aux ENR électriques.
VLDT

 

Des années durant, le message de la direction d’EDF était simple: l’éolien et le photovoltaïque étaient bien loin de la parité réseau. C’était folie de vouloir les développer en trop grand volume. Discours abondamment relayé par nombre de parlementaires, de droite comme de gauche.

Bouleversement du paysage énergétique

Les temps ont changé. Grand carénage, travaux post-Fukushima, incapacité à construire un EPR au coût prévu initialement (3 milliards d’euros) et effondrement des coûts de l’éolien et du photovoltaïque ont bouleversé le paysage énergétique. Les derniers appels d’offres éolien marin, en Europe, annoncent des coûts de production inférieurs à 60 euros le mégawattheure (MWh), contre plus de 110 €/MWh pour les deux réacteurs EPR qui seront construits à Hinkley Point (Somerset, Angleterre).

EPR light

Bien sûr, les deux réacteurs britanniques seront probablement les derniers exemplaires de l’EPR de première génération. Les équipes d’Edvance (filiale d’EDF regroupant les ingénieries nucléaires d’EDF et d’Areva NP) développent un EPR optimisé, plus simple et plus rapide à construire. Une machine, a rappelé Xavier Ursat, dont le coût unitaire ne devra pas dépasser les 5 Md€. À comparer aux 8 Md€ de la tête de série finlandaises et aux 10,5 Md€ de Flamanville 3.

Les nouveaux business d’EDF. Ce mardi, EDF a annoncé la création de deux nouvelles entités: EDF Nouveaux Business et Agregio. Dirigée par Michel Vanhaesbroucke (ex-Engie), la première est un fonds d’investissement dédié aux Start Up et aux Spin Off spécialisées dans les nouvelles technologies énergétiques. La seconde est un agrégateur. Sa particularité est de vendre sur le marché la production des exploitants de centrales renouvelables et de valoriser des capacités d’effacement. Une première.

Destiné en priorité au marché hexagonal, cet EPR allégé sera-t-il plus concurrentiel que ses malheureux aînés? Rien n’est moins sûr. Interrogé à ce sujet, le directeur exécutif en charge de l’ingénierie et des nouveaux projets nucléaires de l’électricien concède que le nucléaire du futur devra être compétitif par rapport aux centrales utilisant les énergies fossiles.

En novembre dernier, l’objectif fixé au futur EPR était «d’être moins cher que les énergies renouvelables les plus performantes». Nous n’en sommes plus là. Désormais, Xavier Ursat espère que son bébé atomique produira à un coût inférieur à celui des centrales au charbon. A la condition que ces centrales au charbon soient soumises à une forte taxation de leurs émissions de CO2.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les coûts de production des centrales au charbon en service dans les pays industrialisés tournent autour de 37 dollars/MWh (32,7€/MWh): le montant de la taxe carbone devra donc doubler, voire tripler ce coût pour rendre attractif le courant produit par les futurs EPR. Pas gagné.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus