L'épandage aérien à la loupe

Le 12 août 2005 par Christine Sévillano
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epandage_aerien
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L'Afsse vient de publier son rapport sur les conséquences sanitaires et environnementales de l'épandage aérien de produits anti-parasitaires et recommande notamment une meilleure évaluation des préparations.

Etabli à la demande du ministère chargé de l'environnement et du ministère chargé de la santé, un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire et environnementale (Afsse) vient de paraître sur les risques sanitaires et les conséquences sur les éco-systèmes de l'épandage aérien de produits anti-parasitaires. Les autorités voulaient également se rendre compte de la pertinence de leur nouvel arrêté du 5 mars 2004 qui impose une distance minimale de sécurité de 50 mètres des lieux comme les habitations, les jardins ou les points d'eau potable. La réglementation interdit également des catégories de produits classés «toxiques» et «très toxiques» et oblige à déclarer l'épandage 24 heures avant l'intervention au lieu de 3 jours pour une plus grande rapidité d'action en cas d'aléa climatique.

Basé sur l'observation des traitements de la vigne en Champagne, de la banane en Martinique, du riz en Guyane, du maïs en Aquitaine et en Midi-Pyrénées, ce travail a d'abord permis de mettre en évidence une grande diversité des procédures et des pratiques. Les experts se sont concentrés sur la dérive aérienne des produits vers des milieux non traités. Ils ont constaté que la dérive à 50 mètres ne présente pas de risque significatif pour la santé des populations environnantes, même pour les enfants. Concernant les effets sur l'environnement, les experts de l'Afsse notent que «le risque est acceptable dans seulement 35 à 50% des cas selon l'organisme concerné» à 50 mètres, mais que l'augmentation de la distance de sécurité à 100 mètres ne paraît pas octroyer une protection plus importante. Ils suggèrent pour une meilleure protection, en particulier dans les vignes, de pratiquer l'épandage sur la base de 2 bonnes pratiques: par vent faible et avec un aéronef équipé d'un dispositif anti-dérive. En fait, ils affirment que la bonne distance de protection de l'environnement ne peut être déterminée qu'au cas par cas, en fonction des produits phytosanitaires utilisés.

L'Afsse recommande également d'effectuer une évaluation comparative des pratiques d'épandage terrestre et aérien afin d'en mesurer les impacts, ainsi qu'une analyse coût-bénéfice de l'utilisation de l'épandage aérien afin de mieux envisager les conséquences d'une éventuelle interdiction. Il suggère aussi que les produits anti-parasitaires soient évalués pour un épandage aérien permettant la mise en place de modes d'emploi spécifiques. Sur la distance de sécurité, l'Afsse propose de déterminer des distances minimales en fonction de chaque préparation. L'organisation propose aussi de réaliser deux types de déclaration, l'une 72 heures avant l'épandage, la seconde sous forme de confirmation 24 heures avant l'intervention. Enfin, les experts suggèrent de réaliser un guide de bonne pratique de la procédure d'application par aéronefs et de fournir une meilleure information au public, notamment par l'intermédiaire des mairies.




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