L’EPA veut se passer des tests sur animaux

Le 16 septembre 2019 par Romain Loury
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Le siège de l'EPA, Washington DC
Le siège de l'EPA, Washington DC
EPA

L’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) renoncera en 2035 aux tests menés sur les animaux, a annoncé son administrateur Andrew Wheeler mardi 10 septembre. Saluée par les défenseurs des animaux, cet objectif constitue en réalité un beau cadeau à l’industrie chimique, jugent des associations spécialisées en santé-environnement.

Chaque année, les tests de produits chimiques évalués par l’EPA portent sur un total de 20.000 à 100.000 animaux de laboratoire. Ce sacrifice sera bientôt inutile, juge l’agence: à l’aide de tests menés sur des cellules, des protéines ou par simulation informatique, il sera bientôt possible de s’en passer totalement.

C’est d’ailleurs ce que compte faire l’EPA, du moins pour les mammifères, a annoncé mardi 10 septembre son administrateur Andrew Wheeler: d’ici à 2025, l’agence compte réduire de 30% ses financements de tests sur animaux 30%, en vue d’une élimination totale en 2035 –à l’exception d’autorisations au cas par cas.

4,25 millions de dollars pour la recherche

L’EPA devient ainsi la première agence de régulation des produits chimiques à se fixer un tel objectif. Pour cela, elle a annoncé le versement de 4,25 millions de dollars à 5 institutions de recherche travaillant sur la recherche de tests alternatifs, à savoir l’Université Johns Hopkins de Baltimore (Maryland), l’université Vanderbilt et le centre médico-universitaire Vanderbilt (tous deux à Nashville, Tennessee), l’université d’Etat de l’Oregon (Corvallis) et l’université de Californie (Riverside).

Immédiatement saluée par le White Coat Waste Projection, association qui milite pour le bien-être animal,  cette décision irrite en revanche le National Resources Defense Council (NRDC), ONG qui y voit avant tout un cadeau à l’industrie chimique –pour qui ces tests animaux constituent en effet un coût important.

Selon Jennifer Sass, experte en santé-environnement au NRDC, «l’EPA est en train d’éliminer des outils qui constituent le socle de la protection du public vis-à-vis de dangers tels que le chlorpyriphos, le formaldéhyde et le PFAS. L’élimination de ces tests, fondamentaux d’un point de vue scientifique, rendra l’identification des produits toxiques, et donc la protection de la santé humaine, encore plus difficile».



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