L’EPA réduit les rejets de métaux lourds des centrales thermiques

Le 02 octobre 2015 par Stéphanie Senet
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134 centrales électriques vont devoir être modifiées
134 centrales électriques vont devoir être modifiées

L’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a enfin annoncé, le 30 septembre, les nouveaux seuils de métaux autorisés dans les rejets d’eaux usées des centrales thermiques.

 

Les seuils d’émission autorisés aux Etats-Unis datant d’une législation de 1982 (the Steam electric power generating effluent guidelines), les eaux usées des centrales électriques sont particulièrement chargées en arsenic, plomb, mercure, sélénium, chrome et cadmium.

Limitation accrue de l’ozone
L’EPA a également durci, le 1er octobre, le seuil d’émission de l’ozone, un polluant responsable de maladies respiratoires affectant des millions d’Américains. Le plafond a été réduit de 75 parties par million (ppm) à environ 70 ppm, soit une légère baisse de 7%. Du côté des bénéfices attendus, cette mesure devrait éviter entre 300.000 et 900.000 crises d’asthme par an et prévenir de 750 à 4.300 décès prématurés. Soit une réduction des coûts sanitaires de la pollution estimée entre 3 et 6 Md$ (entre 2,6 Md€ et 5,3 Md€) par an d’ici 2025. La mesure paraît malgré tout insuffisante aux yeux des ONG de protection de l’environnement. «Cette action ne parviendra pas à protéger les enfants asthmatiques de 1 à 10 ans. Les nouveaux seuils d’émission d’ozone restent dangereux pour ces enfants», a déclaré Lisa Garcia, d’Earthjustice. Les associations médicales[i] réclamaient un nouveau seuil abaissé à 60 ppm.

Selon l’EPA, les centrales électriques déversent chaque année 2,9 tonnes de plomb, 1,2 t de mercure, 35,9 t d’arsenic et 893,5 t d’aluminium dans les cours d’eau. «La combustion du charbon génère beaucoup de métaux lourds, aussi dangereux pour les communautés que pour l’environnement», rappelle pourtant Dalal Aboulhosn, en charge de la qualité de l’eau pour l’ONG Sierra Club.

30 ans d’inaction

Pour répondre aux nouvelles normes, 134 des 1.080 centrales actuelles devront faire l’objet de travaux, et l’EPA a évalué à 480 M$ (430,1 M€) le montant annuel des investissements nécessaires.

L’ONG Earthjustice, qui a poussé l’EPA à prendre des mesures sur cette question en 2010, a bien sûr salué la nouvelle. «Après 30 ans d’inaction, l’EPA exige enfin de réduire, voire d’éliminer cette pollution de l’eau quand c’est possible», commente-t-elle dans un communiqué. «Ni les voitures ni les avions ne répondent à des normes fixées en 1982. Pourquoi devrions-nous autoriser les centrales thermiques à rejeter dans l’eau des poisons en vertu de normes désuètes?», ajoute-t-elle.

 

 



[i] American medical association, American academy of pediatrics, American thoracic society, et American heart association,

 



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