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L’EPA recherche substitut sans danger au BPA et au déca-BDE désespérément

Le 06 février 2014 par Marine Jobert
Le Bisphénol S, substitut controversé dans les tickets de caisse.
Le Bisphénol S, substitut controversé dans les tickets de caisse.
DR

Quels produits de substitution employer en lieu et place des substances que l’on sait désormais toxiques? C’est la question que s’est posée l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) au sujet du bisphénol A (un perturbateur endocrinien avéré utilisé notamment dans les papiers thermiques) et du déca-BDE[1] (un retardateur de flamme bromé employé dans les plastiques). Ses conclusions –peu concluantes- intéresseront sûrement le ministère de l’écologie: en décembre dernier, Philippe Martin réaffirmait que le BPA pourrait, si Bruxelles faisait droit à la demande, être banni des tickets de caisse et autres papiers thermiques utilisés en France.

 

Objectif: éclairer les industriels en quête d’alternatives, éviter qu’ils reproduisent les erreurs du passé en optant pour des substances toxiques et fournir aux Etats et aux instances de régulation des données à comparer à celles communiquées par les industriels.

 

Une trentaine de substituts au deca-BDE ont été examinés, sous la houlette d’acteurs de l’aérospatial, de l’électronique, du secteur automobile ou des fabricants de textile, ou encore des représentants des pompiers, d’ONG environnementales et d’entreprises de recyclage. «Ces produits chimiques ont été sélectionnés pour une évaluation basée sur leur potentiel en tant que substituts pour le déca-BDE, et non parce qu’ils pourraient être plus sûrs que le déca-BDE», prévient l’EPA. Aucun produit-phare n’est sorti vainqueur de l’examen, certains étant par exemple très biodégradables (ce qui est une qualité puisque les retardateurs de flamme sont souvent très persistants), mais très toxiques pour le milieu aquatique.

 

Pour le BPA, 19 produits potentiellement alternatifs ont été testés. «Aucune alternative clairement plus sûre que le BPA n’a été identifiée dans ce rapport, la plupart présentant des dangers modérés à élevés pour la santé humaine ou des critères de toxicité aquatique.» La moitié des produits examinés étaient en outre très persistants dans l’environnement et deux étaient fortement bioaccumulateurs.

 

Les Etats-Unis sont en train d’interdire le déca-BDE, suite à un accord volontaire de l’industrie conclu avec l’EPA en 2009. Depuis 2008, l’Europe en a interdit l’usage dans les produits électriques et électroniques, suite à une décision de la Cour de justice européenne annulant sa dérogation au titre de la directive RoHS[2]. La production de BPA reste un secteur économique dynamique outre-Atlantique, rappelle l’EPA. 1.200.000 tonnes y ont été produites en 2007, pour une valeur de 2 milliards de dollars (en 2010) (environ 1,4 Md€).

 

En avril 2013, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) publiait un avis consacré à l’évaluation des risques liés au BPA pour la santé humaine et aux données toxicologiques et d’usage des bisphénols S, F, M, B, AP, AF, et BADGE. De façon générale, «le recensement des données disponibles sur la toxicité des alternatives potentielles au bisphénol A indique que (…) la plupart de ces composés chimiques (…) n’ont pas (…) fait l’objet d’essais complets dans le domaine de la toxicité. C’est particulièrement le cas des effets sur la reproduction et/ou le caractère perturbateur endocrinien», mettait en garde l’Anses. Une situation qui poussait Marc Mortureux, son directeur, à la plus grande prudence: «Nous préconisons d’éviter les substitutions pour lesquelles nous n’avons pas toutes les garanties d’innocuité. Il est de la responsabilité des industriels d’en faire la démonstration». Sur le cas particulier des tickets thermiques, c’est le bisphénol S qui semble bien placé en matière de substitution. Or, comme le relevait l’agence[3], «la structure chimique commune aux composés de la famille des bisphénols leur confère des propriétés œstrogéniques». La chasse aux substituts sans danger ne fait donc que commencer.

 

 


[1] Le déca-BDE est le principal retardateur de flamme bromé (RFB) de la famille des poly-bromo-diphényle-éthers (PBDE). Les PBDE représentent environ un tiers de la production mondiale en RFB, soit près de 100.000 tonnes par an.

[2] Restriction of the use of certain hazardous substances in electrical and electronic equipment.

[3] Sur les 50 tickets imprimés prélevés aléatoirement dans le cadre d’une étude commandée par l’Anses, un quart contenaient du BPS.

 

 



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