L’EPA publie enfin son Clean Air Act

Le 23 décembre 2011 par Geneviève De Lacour
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Mercredi 21 décembre l’agence américaine de l’environnement (EPA) a publié sa nouvelle loi sur l’air qui définit les «Mercury and Air Toxics Standards», aussi appelé MATS. Ces seuils d’émission devraient permettre de considérablement diminuer les rejets de mercure et de 70 autres polluants dans l’air -dont l’arsenic, le plomb, le cadmium, le nickel ou le chrome 6.

Si cette nouvelle réglementation, tant attendue, vise surtout à contrôler les émissions des centrales à charbon, elle cible également tout particulièrement un polluant: le mercure. Et pour la première fois également, les émissions de particules fines, qui causent asthme et autres maladies respiratoires, seront plus strictement contrôlées.

L’industrie de l’énergie et du charbon essaie depuis des années de retarder la mise en place de cette nouvelle réglementation. Elle a réitéré ses pressions il y a encore quelques mois pour gagner un an supplémentaire. Sans succès.

C’est en 2008, face aux atermoiements de l’administration Bush, qu’une décision de la cour fédérale de justice somme l’EPA de mettre en place une nouvelle loi permettant de limiter la présence du mercure dans l’environnement. Une douzaine d’Etats avaient devancé l’administration fédérale en durcissant leur réglementation en matière d’émission.

Il faut dire que les données inquiétantes s’amoncellent dans le ciel déjà sombre de l’industrie du charbon. Une étude montre que 8% des Américaines en âge de procréer ont dans leur sang des taux de mercure qui pourraient affecter la croissance de leurs enfants. Sous sa forme méthylmercure, le polluant est en effet responsable de retards de croissance et de faibles QI chez les enfants exposés in utero.

Selon cette même étude, 300 à 600.000 enfants du pays naissent avec des concentrations en méthylmercure dans le sang bien supérieures aux valeurs autorisées par l’EPA. Les Amérindiens et les Américains d’origine asiatique sont plus vulnérables au problème car ils consomment plus de poissons prélevés dans les lacs et les rivières du Midwest.
 
Pour atteindre les nouveaux objectifs fixés par l’EPA, les industriels américains devront mettre en place des technologies permettant à la fois de filtrer le mercure mais aussi tous les toxiques associés comme l’acide chlorhydrique ou fluorhydrique. Cette nouvelle réglementation est loin d’être anecdotique puisqu’elle devrait permettre de réduire les émissions de 91%.
 
 
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