L’EPA délivre un permis de polluer à l’industrie américaine

Le 27 mars 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le siège de l'EPA, à Washington.
Le siège de l'EPA, à Washington.
EPA

Durant l’épidémie de coronavirus, l’agence fédérale ne poursuivra pas les industriels qui auront pollué l’environnement.

 

L’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) mérite-t-elle encore son nom? Jeudi 26 mars, l’EPA a indiqué, dans un communiqué, qu’elle n’engagerait aucune poursuite contre des entreprises qui enfreindraient les règles encadrant la protection de l’eau, de l’air et des sols. «C’est incroyable, l’EPA ne se donne même pas la possibilité d’agir en cas de menace pour la santé publique», s’indigne dans The Hill, Cynthia Giles, en charge du contentieux de l’EPA, sous l’administration Obama. «C’est un permis de polluer, pur et simple», confirme Gina McCarthy, patronne du Natural Resources Defense Council (une ONG de protection de l’environnement), et administratrice de l'EPA entre 2013 et 2017.

mesure temporaire

Temporaire, cette période de laxisme annoncée doit durer le temps de la pandémie de coronavirus, indique l’institution basée à Washington. Mais aucune date ne fixe la fin de l’épidémie qui commence juste à frapper de plein fouet les Etats-Unis.

Cette décision intervient moins d’une semaine après que le président du principal lobby pétrolier américain, l'API, se soit fendu d’une lettre au président Trump lui demandant d’alléger les contraintes administratives imposées aux compagnies pétrolières et gazières par les ministères en charge des transports, de l’intérieur, de la sécurité intérieure. Et par l’EPA, bien sûr.

17 réglementations

Depuis l’évaluation du coût social du carbone, aux règles encadrant la fracturation hydraulique, en passant par les normes de calcul des émissions de gaz à effet de serre et l’encadrement des émissions de polluantes des centrales thermiques, l’EPA  a supprimé ou mis au rancard une quinzaine de réglementations environnementales depuis octobre 2017, souligne le Brookings Institute, un think tank proche des démocrates.