L'éolien offshore mal engagé en France

Le 14 octobre 2004 par Claire Avignon
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Les industriels qui ont participé au premier appel d'offres sur les éoliennes offshore, attendent la réponse du minstère de l'Industrie. Mais ni le ministère, ni les indutriels n'ont l'air très enthousiasmés par cette énergie encore plus difficile à développer que l'éolien terrestre.

Le 13 août 2004, le ministère de l'Industrie a reçu 11 réponses à son appel d'offre portant sur la construction à l'horizon 2007 de fermes éoliennes offshore d'une puissance maximale de 150 mégawatts.

«C'est peu», estime Françoise Jouet, responsable de communication du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Total a fait une seule offre en partenariat avec Shell, au large de Dunkerque. SIIF, filiale à 50% d'EDF, a développé trois projets, en Vendée, dans le Pas-de-Calais et en Loire-Atlantique.

Mais EDF n'a pas répondu, se concentrant sur l'énergie des courants marins, plus prédictible selon l'entreprise. Les inconvénients du développement de l'éolien offshore semblent nombreux.

Même si la France possède théoriquement le deuxième potentiel de vent en mer en Europe, derrière la Grande-Bretagne, son exploitation paraît très délicate. «La France a un plateau continental qui descend très rapidement à 50 mètres de profondeur, explique Michel Paillard, chercheur à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Notre pays ne peut pas utiliser des techniques basiques comme le fait la Scandinavie dans la mer du Nord qui est favorisée par des eaux côtières peu profondes.»

Or, les coûts d'investissement et de maintenance dépendent directement de la profondeur de l'eau et de la distance aux côtes. «Le kilowatt terrestre coûte 1.000 à 1.500 euros, explique Philippe Beutin, chef du département des énergies renouvelables à l'Ademe.

On considère aujourd'hui que le coût sera multiplié par deux en offshore. L'Ademe veut d'abord voir se développer les parcs terrestres. Il s'agit d'un choix économique.» Mais selon le SER, le peu d'enthousiasme de l'industrie s'explique d'abord par un cahier des charges très mal façonné. «L'Etat recommence l'erreur du programme Eole 2005 sur la partie terrestre, indique Françoise Jouet. Moins vous êtes cher, plus vous avez de chance d'être choisi. Le prix du courant reste le premier critère de choix, largement devant les capacités techniques et financières du maître d'ouvrage, la réversibilité du projet sur l'environnement, et les conflits d'usage. Ces critères sont pourtant essentiels.» Car les conflits risquent d'être nombreux. Les fermes d'éoliennes restreindront les zones de pêche. D'ailleurs, le Conseil général de Vendée a adopté une motion pour s'opposer au projet de Saint-Jean-de-Monts en février 2004. La décision a reposé sur des critères de sécurité pour les pêcheurs, d'esthétisme, et d'environnement.

Toutefois, les impacts environnementaux sont encore difficilement mesurables: «Les premiers parcs de dimension industrielle ont été installés il y a deux ans au Danemark, explique Michel Paillard. Des suivis sont réalisés, mais on ne connaît pas encore les résultats. On peut penser que le milieu ne souffrira pas beaucoup, sauf peut-être au moment du chantier.» «Les fermes d'éoliennes en mer demandent une volonté politique, comme en Grande-Bretagne», continue Michel Paillard. Les Britanniques devraient atteindre une capacité de 1.500 mégawatts pour l'été 2005. Et un deuxième appel d'offre de 7.200 mégawatts a déjà été lancé.

Pour comparaison, la France possède une puissance installée d'énergie éolienne terrestre de 280 mégawatts.

Cependant le contexte énergétique apparaît différent. L'industrie britannique voit dans l'éolien offshore une manière de se diversifier alors que son industrie pétrolière est sur le déclin.


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