L’éolien marin français toujours à la peine

Le 20 octobre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Quand faudra-t-il louer les bateaux poseurs d'éoliennes ?
Quand faudra-t-il louer les bateaux poseurs d'éoliennes ?
Hans Blomberg/Vattenfall

Les trois projets de parcs portés par EDF EN sont frappés de recours. Ce qui allongera les délais de construction. Au Tréport, Engie doit réduire la voilure de son projet pour le faire accepter.

Depuis des années, l’éolien marin français a la scoumoune. En 2005, Enertrag avait remporté le premier appel d’offres portant sur la construction d’un parc éolien en mer. Le développeur allemand devait installer 21 turbines Areva au large de Veulettes-sur-Mer (Seine-Maritime), pour une puissance installée supérieure à 100 mégawatts (MW). Las, les recours des opposants et l’augmentation du coût des matières premières entre 2005 et 2011 ont eu raison du projet. Cela pourrait être le premier épisode d’une longue série.

Profanation

A la rubrique ‘profanation’ de son site Internet, D-Day Heritage estime que les plages du débarquement en Normandie «sont des sanctuaires inviolables». Et que «le vent qui souffle sur ces plages doit rester sans contraintes et l’horizon demeurer libre et intangible, hors de toute profanation. Rien ne doit venir barrer cet horizon sacré.»

Patrimoine de l’Unesco

Sans surprise, l’association de protection d’Omaha, Juno, Gold et Sword[1] est l’un des 8 justiciables ayant déposé, le 11 octobre, un recours contre l'arrêté préfectoral qui autorise le projet de 75 éoliennes, au large de Courseulles-sur-Mer (Calvados). Pour justifier leur action, les ONG dénoncent «la proximité du site des plages du Débarquement en cours de classement au patrimoine mondial de l’Unesco» et les incidences sur «l’environnement et les activités maritimes».

Trois projets attaqués

Les trois projets de parcs éoliens marins portés par le consortium dirigé par EDF EN (Courseulles-sur-Mer, Fécamp et Saint-Nazaire) font donc l’objet de recours. Ce qui devrait fortement perturber leur construction. Certes, la loi sur la transition énergétique limite à une année la durée de l’instruction judiciaire. Mais toute décision du tribunal administratif est contestable devant le Conseil d’Etat. Prévoir jusqu’à trois ans entre le dépôt des recours et l’arrêt de la plus haute cour administrative. De quoi perturber les agendas et surtout les prises de commande des câbles ou des sous-stations dont EDF EN aura besoin pour raccorder ses parcs au réseau électrique terrestre. Sans oublier la location des navires spécialisés dans la mise à l’eau des mâts et des turbines, très demandés en Europe.

Moins de machines dans le Creux

Portant le projet du Tréport (Seine-Maritime), le groupement d’entreprises mené par Engie et EDP fait face aussi à une solide contestation des pêcheurs. Les marins sont vent debout contre l’idée d’implanter des turbines de 8 MW dans la zone dite du Creux, réputée extrêmement poissonneuse. Pour réduire les risques judiciaires, l’énergéticien a accepté, mercredi 19 octobre, de modifier la future disposition des câbles sous-marins et des machines. Et d’en réduire le nombre à 53, contre 62 initialement prévus. Laissant de nouveau le champ libre aux pêcheurs dans la zone convoitée. «Cela nous coûte cher à la fois en termes de construction et en termes de revenus mais on pense que cela est justifié pour faciliter la cohabitation avec les pêcheurs», a confié à l'AFP Raphaël Tilot, directeur du projet.

 



[1] Omaha, Juno, Gold et Sword sont les noms de code allié des plages du débarquement du 6 juin 1944. Elles se situent entre Grandcamp-Maisy et Hermanville-sur-Mer (Calvados).

 



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