L’éolien espagnol entretient ses réseaux

Le 07 juillet 2008 par Victor Roux-Goeken
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Trop déconcentré, intermittent, l’éolien est-il vraiment une énergie dans le vent? Le développement des énergies renouvelables et l’interconnexion entre les pays pourront sans doute pallier ces inconvénients. Les gestionnaires de réseau vont dans ce sens, Espagne en tête, qui a maintenant une grande expérience.

L'éolien, énergie renouvelable (EnR) trop diffuse et intermittente pour être efficace? Cette critique revient souvent dans la bouche des détracteurs de cette énergie en plein essor, après celles de la destruction des paysages et des subventions déguisées sous forme de tarifs d'achat. Effectivement, l'essor des énergies renouvelables complique la gestion du réseau d'électricité.

L'intermittence «naturelle» de l'éolien met le réseau électrique à rude épreuve, quand ce dernier doit être continuellement équilibré entre l'offre et la demande afin de ne pas causer de blackout. Avec 15.000 mégawatts (MW) de puissance éolienne raccordés au réseau électrique, l'Espagne est l'un des pays de l'UE dont la capacité éolienne est la plus importante. Certes, l'Allemagne a une capacité éolienne de 22.000 MW. «Mais elle est partagée entre 4 gestionnaires de réseau – EnBW, Vattenfall, E.On et RWE – et le pays dispose d'une surcapacité de production électrique, qui permet de répondre à l'intermittence de l'éolien», explique Dominique Maillard, président de RTE (Réseau de transport d'électricité), l'exploitant du réseau français de transport d'électricité.

L'Espagne parvient, pour l'instant, à gérer cette intermittence. La prouesse est d'autant plus remarquable que le pays est une «île électrique», selon Luis Atienza, président de REE, le RTE espagnol. Seules trois interconnexions la relient à ses voisins – France, Maroc et Portugal. Et les deux derniers restent de petits producteurs d'électricité, donc peu à même de donner un coup de pouce électrique en cas de baisse de l'offre côté espagnol. Résultat: l'Espagne a un taux d'interconnexion de 3%, contre 12% pour l'Hexagone et 50% pour le Danermark. L'interconnexion devrait toutefois être améliorée grâce à la construction, annoncée le 27 juin dernier et en discussion depuis plus de 20 ans, d'une ligne enfouie à très haute tension traversant les Pyrénées.

Mais comment intégrer les 35.000 MW de capacité éolienne prévus en 2020, dont la gestion est rendue difficile par cet isolement électrique? Depuis deux ans, REE a mis en place un centre de contrôle dédié aux EnR, baptisé Cecre (1), afin de mieux intégrer l'ensemble des fermes éoliennes à son réseau électrique. RTE entend bien profiter de cette innovation dès 2009. L'extension du réseau de transport liée à l'essor du renouvelable, elle, n'est pas si coûteuse. Sur les 12 milliards d'euros que prévoit d'investir RTE dans le réseau électrique français, «seul» un milliard sera consacré au raccordement de l'éolien.

Outre un plus grand nombre d'interconnexions, l'essor du renouvelable pourrait, du moins sur le papier, résoudre le problème de l'intermittence, souvent palliée à grand renfort de combustibles fossiles ou de nucléaire. Claude Turmes, l'eurodéputé luxembourgeois (Verts/ALE) rapporteur de la directive «énergie renouvelable», prévoit ainsi l'installation d'éoliennes off-shore dans la Manche au plafond continental peu profond sur plusieurs centaines de kilomètres, afin qu'un certain nombre d'entre elles soit systématiquement sous le vent.

Cette vision est bien loin des idéaux des pionniers des énergies renouvelables, qui souhaitaient l'émergence d'une production décentralisée.



(1) Control center of renewable energies




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