L’éolien de l’avenir sera offshore

Le 13 décembre 2010 par Célia Fontaine
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L’énergie éolienne est un marché porteur qui poursuit une croissance rapide en Europe, notamment grâce au dynamisme de l’offshore (éoliennes en mer). Si la France a tous les atouts pour profiter de la croissance de ce marché, elle souffre encore d’un manque de visibilité, selon une enquête indépendante menée par PricewaterhouseCoopers (PwC), présentée aujourd’hui 13 décembre.

 

Au 30 juin 2010, l’Europe disposait de 948 turbines offshore dans 43 fermes opérationnelles, pour une capacité totale de 2.396 mégawatts (dans le JDLE). Sur les 16 fermes en cours d’installation en 2010, totalisant 3.972 MW, 4 sont désormais opérationnelles au Danemark, en Allemagne et au Royaume-Uni[1]. « En 2035, la puissance éolienne offshore cumulée en Europe dépassera celle de l’éolien onshore », estime l’European Wind Energy Association (Ewea).

 

Cette analyse est partagée par plus de 60 experts et sociétés de la filière éolienne, interrogés par PwC. L’étude décrit les avantages de l’éolien offshore : saturation des surfaces terrestres disponibles, plus grande efficacité de production (plus de vent au large et des surfaces de construction plus grandes associées à une plus grande puissance des éoliennes), et réduction des nuisances visuelles et sonores par rapport à l’éolien terrestre, à condition d’implanter les éoliennes assez loin des côtes. 

 

Les industries d'Europe du Nord ont donc déjà pris une certaine avance. Mais si la France possède « tous les atouts pour capter la croissance du marché de l’offshore », l’appel d’offres qui doit être lancé par le gouvernement pour 3.000 MW le long des côtes françaises se fait sérieusement attendre (dans le JDLE).

 

Paris veut réaliser 6 gigawatts d’éolien en mer d’ici 2020, (contre 37 GW attendus outre-Manche), ce qui représente un « objectif ambitieux par rapport à l’absence de parc en 2010 », note Olivier Valle, associé et membre du Groupe Strategy chez PwC. Cela représente un investissement d’environ 20 milliards d’euros.

 

Une trentaine de projets de parc éoliens offshore ont été répertoriés en France. La façade Manche semble être la zone la plus attractive avec 16 projets identifiés, contre moins d’une dizaine sur la façade Atlantique et 4 en Méditerranée. Mais mis à part le projet des Deux côtes au large de la Somme et de la Seine-Maritime (dans le JDLE) et celui de la Côte d’albâtre, le niveau d’avancement est plutôt faible, note l’auteur de l’étude, Alexis Chauffert-Yvart, consultant du pôle Strategy de PwC.

 

Ce retard est notamment dû au fait que la France ne maîtrise pas encore toute la fabrication d’une éolienne offshore. Les principaux leaders qui font les nacelles et les rotors (parties supérieures de l’éolienne, les pales) sont allemands, mais « leur dimensionnement et les coûts de transport pourraient inciter certains constructeurs à envisager une production en France à l’horizon 2015 », note PwC. D’autre part, il n’y a pas, aujourd’hui, de sites de fabrication de mâts offshore situés sur la façade Manche ou Atlantique, et peu d’usines sont dimensionnées pour fabriquer les fondations (monopieux).

 

Pourtant, la France bénéficie d’un savoir-faire industriel « fort et prêt à être mobilisé, ainsi qu'une première structuration de la filière au travers de clusters et de pôles de compétitivité[2] », rappelle Philippe de Degonzague, associé, responsable du Groupe Strategy de PwC. « Une fois le développement de la filière amorcée sur le marché national, il s’agira pour les acteurs français de trouver des relais de croissance sur le marché européen », poursuit-il.

 

Cinq grandes catégories d’acteurs pourraient se positionner sur la filière : la construction navale, le secteur aéronautique, la métallurgie, le génie électrique et, dans une moindre mesure, le BTP. « La France rattrapera son retard par l'innovation. Des sauts technologiques devraient intervenir d'ici 2015 avec par exemple l'émergence d'éoliennes offshore dépourvues de multiplicateur ou de boîte de vitesse. Pour les industriels français, cela représentera une réelle opportunité de pénétrer le marché européen », souligne Alexis Chauffert-Yvart.



[1] Environ 150.000 emplois sont dédiés à l’éolien en Europe en 2010

[2] Le Havre Développement, Bretagne pôle naval, Néolpolia, et Eoparc de Blaquefort pour l’éolien offshore



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