L’environnement intègre les indicateurs de richesse

Le 18 juin 2012 par Stéphanie Senet
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Le capital naturel chinois a fondu de 17% en moins de 20 ans
Le capital naturel chinois a fondu de 17% en moins de 20 ans

Après le PIB et l’IDH, voici l’IWI. Cet «Inclusive Wealth Index», ou «Indice de richesse globale» en français, est le nouvel indicateur de richesse, lancé par l’ONU le 17 juin, à l’occasion du sommet Rio+20.

L’IWI a pour finalité de dépasser la seule croissance économique, pour mesurer non seulement la richesse d’un pays mais aussi son capital naturel. A l’origine de ce nouvel indicateur, le programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) et l’International Human dimensions programme on global environmental change (IHDP) précisent qu’il s’agit d’évaluer «le véritable état de la richesse d’un pays et la durabilité de sa croissance», alors que «le produit intérieur brut et l’indice de développement humain ne tiennent compte que du court terme». Ce capital naturel inclut donc l’état des ressources renouvelables et non renouvelables (pétrole, minerais, forêts, terres agricoles ou réserves de pêche).

Le classement de l’IWI met ainsi en exergue les croissances réalisées au détriment des ressources naturelles. Par exemple, si la Chine a vu son PIB augmenter de 422% entre 1990 et 2008, son capital naturel a fondu de 17% sur la même période. Résultat: son IWI n’augmente en réalité que de 45%. L’Empire du milieu reste toutefois en tête des croissances de ce nouvel indice, devant l’Allemagne et la France (plus de 1% par an).

Autre exemple: en Afrique du Sud, le PIB a grimpé de 24% en 18 ans mais le patrimoine naturel a chuté de 33%. Son IWI a donc baissé d’1 point.

Au total, ce rapport analyse l’évolution de la situation de 20 pays entre 1990 et 2008. Ce ne sont pas exactement les pays du G20, mais ils représentent plus de la moitié de la population mondiale et plus de 70% du PIB mondial. Il s’agit de l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Arabie saoudite, l’Australie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Chine, la Colombie, l’Equateur, les Etats-Unis, la France, l’Inde, le Japon, le Kenya, le Nigeria, la Norvège, le Royaume-Uni, la Russie et le Venezuela.

Le capital naturel a en moyenne très largement baissé dans ces pays (19 sur 20). Il a fondu de 20% aux Etats-Unis et de 25% au Brésil. Seul le Japon a vu une hausse, en raison du développement de ses forêts.

Quant à l’IWI, il enregistre des croissances positives dans 14 des 20 pays passés à la loupe de l’ONU.

Enfin adapté à l’environnement, ce nouvel indicateur sera-t-il adopté par les responsables politiques? Pour l’heure, il doit être réactualisé tous les deux ans et, petit à petit, élargi à l’ensemble de la planète. «Rio+20 est une occasion de revenir sur le PIB comme mesure de prospérité au XXIe siècle, beaucoup trop silencieux sur les mesures principales de bien-être humain, à savoir les problèmes sociaux et l’état des ressources naturelles du pays», s’est félicité Achim Steiner, le directeur général du Pnue.

http://www.ihdp.unu.edu/article/iwr



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