L’environnement, ça continue à bien faire

Le 18 janvier 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Le président de la République a profité d’un déplacement en Ariège pour dire tout le bien qu’il pensait de la politique menée par son gouvernement en matière de protection de l’environnement. S’exprimant dans le cadre de la présentation des vœux au monde rural, Nicolas Sarkozy a dénoncé le caractère «tatillon» de certaines règles.


«J'ai conscience que l'aspect tatillon de certains règlements administratifs vous insupporte. Je prends l'exemple des règles environnementales, la question de l'eau, la protection de l'eau», a lancé Nicolas Sarkozy dans son discours.
«Naturellement il faut protéger l'environnement (...) mais là encore, tout est une question de mesure. Nous allons prendre un certain nombre de décisions pour relâcher la pression, a-t-il promis, la préservation de l'environnement, ça n'est pas d'empêcher quiconque de faire quoi que ce soit.»


«N'importe quelle association qui veut empêcher un maire, un élu, une initiative, peut le faire (...) il faut absolument lever le pied de ce point de vue», a insisté le chef de l'Etat.
Nicolas Sarkozy avait tenu des propos similaires en clôturant le salon de l'agriculture 2010, déclarant que les questions d'environnement «ça commence à bien faire», provoquant la colère des écologistes.


«Ce que je dis sur l'environnement, je le dis également pour la chasse. Les chasseurs ne sont pas les ennemis, ce ne sont pas les adversaires de l'environnement», a affirmé Nicolas Sarkozy.
 

«Il y a des décisions récentes qui ont été prises par le Conseil d'Etat qui sont vécues par une partie de nos compatriotes comme vraiment un souci non pas de résoudre un problème, mais de les empêcher de profiter de ce qu'on pourrait appeler un petit bonheur, a déploré le président, j'ai entendu ce message, je recevrai d'ailleurs les associations de chasseurs sur ce sujet-là.»
 

Dans une décision rendue le 23 décembre, le Conseil d'Etat a enjoint le ministère de l'écologie de fixer «dans un délai d'un mois» une nouvelle date de clôture qui ne soit «pas postérieure au 31 janvier» pour la chasse à certaines oies, actuellement fixée au 10 février.
Ce jugement avait été salué par les associations de défense de l'environnement et des oiseaux, mais avait provoqué la colère des chasseurs.
 

Lors de sa visite à Pamiers, le locataire de l’Elysée a eu un échange avec un éleveur, l'un de ceux qui jugent insupportable la présence de l'ours dans le massif. Nicolas Sarkozy a alors justifié la décision prise en 2011 de ne pas lâcher une nouvelle ourse dans les Pyrénées-Atlantiques.
 

«Il n'aurait pas fallu en introduire au départ», lui a rétorqué l'éleveur. «Ca, je suis d'accord avec vous», lui a répondu le président de la République.

Interrogée en marge de ses vœux, la ministre de l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé qu'il n'y avait «rien de nouveau» dans les propos de Nicolas Sarkozy. A propos des règles environnementales «tatillonnes», elle a affirmé que «ce sont des débats qu'on a déjà eus, des choses qui ont déjà été évoquées». «Il y a une commission consultative de l'évaluation des normes, tous les textes du Grenelle passent devant cette commission, précisément pour simplifier les normes qui ont à être appliquées derrière, c'est quelque chose de complètement ordinaire», a dit la ministre.
 

La commission travaille «en amont» et il y a «des lois de simplification des normes en aval», cela se fait «depuis des mois», a-t-elle martelé. Quant à la chasse, elle a indiqué qu'il y avait effectivement «un problème particulier qui fait débat» autour de la chasse aux oies.


Du côté des écologistes, la critique est plus féroce. Les propos du président sont «inadmissibles», tant sur l'eau que sur la période de chasse, a déclaré le porte-parole de France Nature Environnement, Benoît Hartmann. «Une fois de plus, l'environnement est une variable d'ajustement électoral et chaque fois qu'on veut aller chasser des voix on utilise l'argument de l'environnement pour flatter son électorat», a-t-il noté.

«Les propos de M. Sarkozy sont très graves et montrent l'état d'esprit dans lequel le président de la République assure ses responsabilités. M. Sarkozy se comporte en braconnier de l'environnement. Il humilie ceux qui ont crû à la sincérité de la démarche du Grenelle de l'environnement et il insulte notre avenir en traitant de façon très légère la question de l'eau, une ressource essentielle et vitale pour l'humanité», ont indiqué Cécile Duflot et Eva Joly, d’Europe-Ecologie-les Verts.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus