L’environnement, ça commence à bien faire?

Le 15 janvier 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Emmanuel Macron et le maire de Pau, François Bayrou.
Emmanuel Macron et le maire de Pau, François Bayrou.
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Lors de son déplacement à Pau, le président de la république a mitigé l’enthousiasme des partisans de l’éolien terrestre et des ours.

 

Les questions environnementales commencent-elles à lasser le chef de l’Etat? La question se pose à l’issue de son déplacement à Pau. En marge du sommet sur la gestion de crise en Afrique saharienne, le 14 janvier, Emmanuel Macron s’est montré peu rassurant sur les possibilités de développer l’éolien terrestre en métropole. «Soyons lucides: la capacité à développer massivement l’éolien terrestre est réduite», a estimé le locataire de l’Elysée. Avant de préciser que «le consensus sur l’éolien est en train de nettement s’affaiblir dans notre pays.»

De mauvais augure à quelques jours de la présentation officielle de la prochaine mouture de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

exfiltrer les ours agressifs

S’exprimant devant les dirigeants des chambres d’agriculture de l’Ariège, des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantique, le chef de l’exécutif a indiqué qu’il n’y aura plus de réintroduction d’ours dans le massif pyrénéen. Une annonce qui a réjoui nombre d’élus locaux. Selon Philippe Lacube, président de la chambre d’agriculture de l’Ariège, Emmanuel Macron se serait aussi engagé à ce que les plantigrades jugés agressifs ou destructeurs soient exfiltrés des montagnes. Information non confirmée par l’Elysée.

De tels engagements sont-ils tenables? Le gouvernement peut effectivement se refuser à poursuivre les réintroductions. Il mettrait alors en péril son propre plan ours. Cette stratégie décennale (2018-2028) vise la constitution d’une population ursine pérenne. Laquelle nécessite une cinquantaine d’individus pour prospérer. Nous n’y sommes pas. Le dernier recensement officiel fait état de 37 spécimens.

sanctions européennes

Cet arrêt de la politique de consolidation de la population d’ours pourrait valoir à la France quelques sanctions. A commencer par l’arrêt des subventions européennes (via la PAC) versées aux agriculteurs locaux. Autre difficulté juridique: l’ours pyrénéen est une espèce protégée. Au terme de la directive Habitats, sa mise à mort et sa capture sont interdites. Des dérogations à ces principes sont toutefois possibles, à condition qu’elles ne nuisent pas «au maintien dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées.»