L’environnement au cœur des élections australiennes

Le 20 novembre 2007 par Agnès Ginestet
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Le parti travailliste, en tête des sondages, et la coalition actuellement au pouvoir s’opposent sur des sujets cruciaux comme le protocole de Kyoto, les énergies renouvelables, la gestion de l’eau et la destruction de la barrière de corail.

Le 24 novembre, jour de l'élection pour un nouveau parlement fédéral, marquera peut-être un tournant dans la politique de l'Australie, notamment en matière d'environnement. Le parti travailliste, mené par Kevin Rudd, est favorable à la ratification du protocole de Kyoto, qu'a toujours refusé de signer John Howard (parti libéral), Premier ministre depuis 1996. The Australian révèle pourtant qu'il y a quelques semaines, le ministre chargé de l'environnement, le libéral Malcolm Turnbull, aurait suggéré que la coalition gouvernante ratifie le protocole de Kyoto, embarrassant le cabinet de John Howard et faisant face à un refus catégorique.

Du côté de l'opposition aussi, un «couac» sur la question du changement climatique a été souligné par la presse, le porte-parole chargé des questions environnementales Peter Garrett ayant annoncé le 29 octobre que le parti travailliste signerait un accord post-Kyoto lors de la conférence internationale de Bali, en décembre, sans que les pays en voie de développement y soient forcément inclus. Critiqué par la coalition et son propre parti, il est revenu sur sa déclaration en précisant que l'accord devrait concerner pays développés mais aussi en développement.

Sur la question des énergies renouvelables, coalition et travaillistes semblaient n'avoir aucun objectif en début d'année, se focalisant sur le stockage de CO2 pour réduire les émissions liées aux centrales à charbon, fortement implantées dans le pays et dont dépend de nombreux emplois. Les fabricants d'éoliennes ont même menacé de quitter le pays. Mais selon The Australian, un changement de cap a été orchestré après la publication de sondages qui ont montré un enthousiasme de la population vis-à-vis de l'éolien et du solaire. John Howard a donc annoncé en septembre un objectif de 15% d'«énergie propre», incluant le stockage de CO2, Kevin Rudd ayant surenchéri en proposant 20% d'énergie renouvelable, sans y inclure la solution du stockage de CO2. Il propose de développer le solaire, l'éolien et la géothermie en équipant 7,5 millions de foyers par an d'ici 2020.

La grande barrière de corail fait également partie de la campagne. Kevin Rudd a promis d'accorder 200 millions de dollars australiens (123 millions d'euros) de subventions pour inciter les agriculteurs à réduire la quantité de polluants rejetés dans les rivières et contribuant, avec le changement climatique, à la destruction des coraux. La culture de la canne à sucre est particulièrement concernée, et pour Mark Vaile, à la tête du parti national membre de la coalition, ce plan accuse injustement les agriculteurs.

Le manque d'eau lié à la sécheresse reste un enjeu majeur des élections (1). Kevin Rudd a annoncé qu'en cas de victoire des travaillistes, un fonds national serait consacré au dessalement et au recyclage de l'eau urbaine pour contribuer à l'approvisionnement en eau sur le long terme.

Enfin, un projet d'usine de pâte à papier en Tasmanie est également susceptible d'influencer le scrutin. Porté par le Premier ministre tasmanien travailliste Paul Lennon, réputé proche de l'industriel forestier Gunns, il a été récemment approuvé par l'Etat fédéral. Les Verts s'y opposent compte tenu de l'impact qu'il aura sur la forêt et la qualité de l'eau, et des opposants ont menacé de lancer une action de groupe (class action).

(1) Voir l'article du JDLE «La gestion de l'eau, véritable enjeu politique en Australie»




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