L’énergie solaire, une affaire de pro

Le 07 juin 2006 par Laure Pollez
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Les professionnels du secteur le clament depuis longtemps: la France ne pourra compter sur ses énergies renouvelables qu’à condition de développer un véritable marché. Mais, si les moyens financiers commencent à arriver, les moyens humains sont encore à développer.

En 2005, la France a connu la plus forte progression du marché solaire thermique d'Europe: +134%! Une véritable «explosion» selon Michèle Pappalardo, présidente de l'Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie (Ademe), qui juge que le «plan Soleil lancé en 2000 porte aujourd'hui ses fruits». Grâce au crédit d'impôts de 40% accordé aux particuliers, 121.000 mètres carrés (m2) de capteurs solaires ont été installés l'an passé pour alimenter en énergie des systèmes de chauffage et/ou de chauffe-eau.

Aujourd'hui, 30 marques proposent des chauffe-eau solaires en France contre 3 en 1999, 12 marques offrent des systèmes combinés chauffage et eau chaude solaires et 10.000 installateurs sont regroupés au sein du réseau national Qualisol lancé en même temps que le plan Soleil. Si cette «évolution satisfaisante» se poursuit, Michèle Pappalardo espère voir la France, 4e marché européen de solaire thermique en 2005, atteindre «le podium» l'an prochain. Cependant, les professionnels sont confrontés à un manque de plus en plus criant de main d'oeuvre qualifiée. Comme l'explique Jacques Pessiau, secrétaire général de l'Union climatique de France (UCF), les énergies renouvelables restent une «bête curieuse» en matière de formation.

Pour encourager le développement de cursus dédiés, l'UCF s'est associée à différents industriels du secteur, dont Clipsol et Giordano, leaders français de l'énergie solaire, et Gaz de France, pour créer les «Compagnons du solaire». Avec le soutien de l'Ademe, cette association propose depuis 2005 une formation professionnelle spécialisée dans l'installation de systèmes solaires. Cette formation de 8 mois, au sein du technopôle Technolac, en Savoie, est sanctionnée par un certificat de qualification professionnelle reconnu.

Lors de l'inauguration de cette école, vendredi 2 juin, Nelly Olin, ministre chargée de l'environnement, a reconnu qu'il restait «beaucoup à faire pour «créer une véritable filière de l'énergie solaire», en matière de formation notamment. Avec ses promotions de 12 élèves, l'école des Compagnons du solaire ne suffira certainement pas à répondre aux besoins, alors que l'année 2006 voit le crédit d'impôt pour les installations rehaussé à 50% et qu'un doublement des prix de rachat de l'électricité solaire (photovoltaïque) doit entrer en vigueur sous peu. Pour Michèle Pappalardo, «l'existence d'un nombre suffisant de professionnels sensibilisés et bien formés est un facteur clé de la diffusion à grande échelle de ces politiques».

L'Ademe a demandé un inventaire des formations existantes et des besoins complémentaires au nouvel Institut national de l'énergie solaire (Ines) qui sera inauguré prochainement, dans ce même Technolac, par le ministre chargé de la recherche.




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