L'énergie ne connaît pas la crise

Le 27 mai 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Comme tous les ans à pareille époque, le service statistique du ministère américain de l’énergie (EIA) publie ses prévisions de consommation mondiale à long terme. Publié mercredi, le dernier rapport de l’EIA ne s’annonce pas des plus optimistes. Du moins si l’on considère qu’il est urgent de maîtriser nos consommations. Certes, la récession économique a fait reculer la demande, de 1,2% en 2008 et de 2,2% en 2009, ce qui ne s’était pas produit depuis la seconde guerre mondiale. Mais ce répit ne sera que de courte durée. Tirée par les grands émergents, notamment la Chine et l’Inde, la demande énergétique mondiale devrait progresser de 49%, entre 2007 et 2030. L’an passé, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estimait que, sur la même période, la progression de la demande serait tout juste supérieure à… 40%.

 

Côté performance climatique, l’avenir s’annonce des plus sombres. Prenons, par exemple, le cas de l’électricité. En 2007, rappelle l’EIA, la planète consommait 18 783 TWh/an, contre 31 641  TWh/an en 2031. Soit une progression de 68 %. Côté AIE, c’est pire encore. Selon l’agence de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la demande d’électrons devrait passer, sur la même période, de 19 756  TWh/an à 34 290  TWh/an : soit + 73%. L’essentiel de cette croissance sera portée par de nouvelles centrales thermiques à flammes. L’AIE rappelle d’ailleurs que 217 000 MW (presque deux fois la totalité du parc électrique français) de nouvelles centrales au charbon sont actuellement en construction dans le monde, dont plus de la moitié en Chine. Et cela ne devrait pas cesser. L’AIE et l’EIA estiment que la part dans le mix énergétique mondial des centrales électriques brûlant des combustibles fossiles (charbon, gaz naturel, fioul) oscillera entre 64% et 65% en 2030. Pour les deux institutions, les énergies renouvelables représenteront 22% des capacités de production, en 2030, contre 18% en 2007. A cet horizon, l’énergie nucléaire ne représentera plus que 11% de la puissance électrique mondiale, contre 14% il y a trois ans.

 

Avec de telles prévisions, les perspectives climatiques s’avèrent désastreuses. Pour les statisticiens de l’AIE et de l’EIA, les choses sont simples : si aucune politique n’infléchit ces tendances lourdes, les émissions annuelles de CO2 imputables au secteur énergétique vont passer de 30 milliards de tonnes, en 2007, à 40 milliards de tonnes en 2030. Réduisant pratiquement à néant toute chance de limiter la hausse de la température moyenne globale à 2°C.



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