L’endométriose, une autre maladie liée aux pesticides?

Le 13 novembre 2013 par Romain Loury
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Les pesticides organochlorés pourraient favoriser l’endométriose.
Les pesticides organochlorés pourraient favoriser l’endométriose.
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Les pesticides organochlorés pourraient favoriser l’endométriose, maladie féminine dont les causes demeurent très largement inconnues, selon une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives (EHP).

L'endométriose «est une maladie généralement récidivante causée par du tissu semblable au tissu endométrial [muqueuse de l’utérus, ndlr] qui se développe hors de l'utérus et provoque des lésions, des adhérences et des kystes (endométriomes) dans les organes colonisés», définit l’association EndoFrance sur son site internet. Source de menstruations douloureuses, et souvent de stérilité, elle peut toucher divers organes, le plus souvent les ovaires, le péritoine (membrane qui recouvre l’abdomen), l’intestin et le rectum, plus rarement les poumons et la peau.

Cette maladie n’affectant que les femmes en âge de procréer (de 5% à 10% d’entre elles seraient atteintes), la piste hormonale semble solide. D’où la possibilité qu’elle puisse en partie être liée aux perturbateurs endocriniens. L’étude de Kristen Upson, du Fred Hutchinson Cancer Research Center (FHCRC, Seattle), et ses collègues apporte des éléments allant dans ce sens, suggérant un lien entre l’endométriose et deux pesticides organochlorés.

Menée sur 283 femmes atteintes et 585 contrôles de la cohorte WREN (Women’s Risk of Endometriosis), l’analyse révèle une hausse du risque allant jusqu’à 70% chez les femmes présentant un taux sanguin élevé de bêta-hexachlorocyclohexane (bêta-HCH), sous-produit du lindane. Même résultat avec le mirex, avec un sur-risque de 50% [1].

+150% d’endométriose ovarienne

L’effet est encore plus marqué lorsque les chercheurs restreignent leur analyse aux seuls cas d’endométriose ovarienne: dans ce cas-ci, aussi bien le mirex que le bêta-HCH sont liés à des risques multipliés par 2,5 chez les femmes qui en sont le plus imprégnées.

«Bien que l’usage des pesticides organochlorés soit restreint ou interdit aux Etats-Unis [et dans bien d’autres pays] depuis plusieurs décennies, ces produits sont encore détectés dans le sang de ces femmes (…)», commente Kristen Upson, citée par un communiqué du FHCRC.

«Des polluants organiques persistants (POP), même ceux utilisés par le passé, peuvent continuer à affecter la génération actuelle de femmes en âge de procréer, engendrant chez elles des maladies d’origine hormonale», ajoute la chercheure. Des maladies qui ont de très grandes chances d’inclure le cancer du sein, en forte hausse ces dernières décennies…

[1] Interdit d’usage agricole, le lindane n’est plus autorisé dans l’Union européenne depuis janvier 2008, mais demeure utilisé aux Etats-Unis, seulement à des visées médicales (contre la gale ou comme anti-poux). Quant au mirex, il fait partie des «12 salopards», ces premiers polluants organiques persistants (POP) définitivement interdits en 2001 par la Convention de Stockholm.

 



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