L’empreinte écologique progresse, la biocapacité diminue

Le 30 septembre 2014 par Stéphanie Senet
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Pas de planète B
Pas de planète B

Publié ce 30 septembre, le nouveau rapport bisannuel de WWF, Planète vivante, tire le signal d’alarme. Alors que les populations animales ont fondu de moitié en 40 ans et que la demande mondiale en ressources nécessite une planète et demie, le passage à un mode de vie résilient est encore possible.

L’évolution de l’indice Planète vivante s’avère particulièrement alarmante. Mesurant plus de 10.000 populations représentatives de plus de 3.000 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons, l’indicateur enregistre un déclin de 52% entre 1970 et 2010. En deux générations, la taille des populations de vertébrés a donc diminué de moitié.

Avec un déclin de 76% en 40 ans, les populations d’espèces d’eau douce sont les plus frappées. Soit deux fois plus que les populations terrestres et marines, qui ont régressé de 39% chacune. Sans doute parce que les eaux douces ne bénéficient d’aucune stratégie de conservation efficace. Le cas du Coorong, cette zone humide côtière du sud de l’Australie, est emblématique. Sa salinité s’aggrave depuis 1985 en raison des prélèvements d’eau pour l’irrigation. Résultat: les nombreuses populations de poissons et d’oiseaux de rivage, comme le bécasseau cocorli (Calidris ferruginea) disparaissent peu à peu.

Les causes de ces déclins sont pourtant connues: les habitats disparaissent sous l’effet de l’exploitation, la chasse, la pêche, le réchauffement climatique et, dans une moindre mesure, de la pollution et des maladies.

A noter, le déclin des vertébrés s’avère plus important dans les régions tropicales (56% contre 52% de moyenne mondiale). Seules les populations terrestres vivant dans des aires protégées s’en tirent un peu moins mal avec un déclin de 18% depuis 1970 contre 39% pour l’ensemble des espèces terrestres étudiées.

 

Une biocapacité dépassée depuis 40 ans

Le calcul de l’empreinte écologique[1] n’est pas plus réjouissant. Une planète et demie est toujours nécessaire pour satisfaire les besoins de la population mondiale en ressources. Et cela fait plus de 40 ans que la demande globale dépasse largement la biocapacité de la planète, c’est-à-dire la surface terrestre et maritime biologiquement productive permettant de régénérer nos ressources. Les arbres ont été coupés plus vite que leur croissance le permet, les poissons ont été pêchés au-delà de leur capacité de reproduction, le carbone a été émis à des niveaux tels que les océans et les forêts ne peuvent tout absorber…

C’est d’ailleurs l’empreinte carbone qui a le plus progressé au sein de l’empreinte écologique. Elle en représente désormais plus de la moitié (53%) selon le Global Footprint Network. En 2010, l’empreinte écologique a atteint 18,1 milliards d’hectares globaux (HAG), soit 2,6 HAG par habitant alors que la biocapacité de la Terre s’élevait alors à 1,74 HAG/hab.

Cette demande est toujours aussi inégalement répartie, avec des sommets dans les pays les plus riches: 7 HAG/hab en Amérique du Nord et 4,5 dans l’Union européenne, mais 2,5 en Amérique latine, 1,7 en Asie-Pacifique et 1,5 en Afrique.

Pays par pays, en revanche, les résultats sont légèrement différents. Le Koweït arrive en tête (plus de 10 HAG/hab), devant le Qatar, les émirats arabes unis, le Danemark ou la Belgique!

 

Un tiers de la planète en stress hydrique

Concernant l’empreinte eau[2], l’Inde enregistre la plus forte consommation, devant les états-Unis, la Chine et le Brésil. La production agricole est responsable à elle seule de 92% de l’empreinte eau globale, contre 4,4% pour l’industrie et 3,6% pour les ménages!

Le WWF estime que 2,7 milliards de personnes vivent dans des bassins fluviaux qui connaissent de graves pénuries en eau au moins un mois par an. Plus d’un tiers de la population mondiale est touchée par le stress hydrique.

Selon ce rapport, 3 des 9 frontières[3] ont été franchies: le déclin anormalement élevé de la biodiversité, la forte concentration de CO2 dans l’atmosphère qui modifie déjà notre climat et nos écosystèmes, sans oublier la pollution par les nitrates encore largement sous-estimée.

 

Découplage entre l’empreinte écologique et le niveau de vie

Certes, aucun pays n’est encore parvenu à une empreinte inférieure à la biocapacité naturelle tout en ayant des conditions de vie décentes (indice de développement humain ou IDH supérieur à 0,71). Mais partout sur le globe, des êtres humains adaptent leurs besoins en ressources naturelles aux capacités de la planète tout en améliorant leur IDH. Au Brésil, par exemple, l’IDH a dépassé 0,7 en 2013 alors que l’empreinte écologique est restée stable au cours des 50 dernières années (moins de 3 HAG/hab). Conduire les communautés humaines vers la résilience, insiste le WWF, est un défi qui peut encore être relevé.



[1] L’empreinte écologique est composée de l’empreinte carbone ainsi que de l’empreinte du bâti, de la pêche, des produits forestiers, de l’élevage et des cultures.

 

[2] L’empreinte eau est calculée en fonction de la consommation d’eau des ménages, de l’industrie et du monde agricole, quel que soit l’endroit où les produits sont effectivement consommés.

 

 

[3] Les autres frontières sont l’acidification des océans, l’interférence avec les cycles de l’azote et du phosphore, l’appauvrissement de la couche d’ozone, l’utilisation de l’eau douce, le changement d’affectation des sols et la charge atmosphérique en aérosols.

 

 



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