L’emploi «vert» peut aussi être précaire

Le 06 février 2009 par Victor Roux-Goeken
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Un rapport américain (1) remet en cause l’axiome selon lequel les emplois destinés à faire tourner l’économie «verte», plus qualifiés et plus spécialisés, seraient forcément mieux payés. Il est aussi révélateur de l’émergence d’un syndicalisme de «l’éco-industrie».

Commandé par plusieurs organisations professionnelles et environnementales américaines (1), le rapport analyse les pratiques salariales des compagnies spécialisées dans les énergies renouvelables. Il a été publié mardi 3 février, veille d’un rassemblement de syndicalistes, d’écologistes et de personnes du monde de l’entreprise militant pour des emplois «verts» bien payés.

Selon le rapport, les salaires moyens pratiqués dans les usines d’équipements d’énergies renouvelables se situent sous la moyenne de ceux des personnes travaillant dans la fabrication de biens durables –8,88 dollars (6,93 euros) de l’heure. Par endroits, le niveau des salaires est inférieur à celui qui est nécessaire pour un adulte seul avec un enfant.

Le plus bas salaire trouvé est de 8,25 $ (6,44 €) de l’heure dans un centre de tri, de 11 dollars (8,5 euros) de l’heure dans la manufacture d’équipements d’ENR. Le rapport estime que les opérateurs d’ENR recevant des crédits d’impôt ou des subventions devraient payer un salaire décent permettant de subvenir aux besoins de base de leurs employés.

Peu d’employés sont couverts par des conventions collectives, relève encore le rapport.

Economie «verte» ou non, la délocalisation comme moyen de réduction des coûts est aussi pratiquée. Le rapport cite des entreprises ayant délocalisé leur production de composants pour le marché américain vers des pays à bas coût: First Solar, dont le siège se situe en Arizona, a installé une unité de production de panneaux photovoltaïques en Malaisie, 10 fois plus grande que toutes celles situées dans l’Ohio. Il en va de même pour TPI Composites, installé en Arizona, qui a délocalisé sa production de pales en Chine et au Mexique. Ou pour United Solar Ovonic, dans le Michigan, dont la production mexicaine de laminé sert à assembler les cellules photovoltaïques dans le Michigan.

(1) High road or low road? Job quality in the new green economy
(2) Change to win, fédération américaine de 7 organisations syndicales, Sierra Club, plus ancienne organisation environnementale américaine. Le rapport a été réalisé par Good jobs first, «centre de ressources à but non lucratif pour un développement économique transparent»


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