L’élevage mondial à court de phosphore

Le 17 février 2016 par Romain Loury
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Deux fois plus d'engrais minéraux en 2050
Deux fois plus d'engrais minéraux en 2050
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Au niveau mondial, les pâturages se vident de leur phosphore à toute vitesse, révèle une étude néerlandaise publiée dans la revue Nature Communications. D’ici 2050, les apports, que ce soit en engrais organiques ou minéraux, devront quadrupler pour satisfaire la demande alimentaire en lait en en viande.

Publiée par l’équipe de Martin van Ittersum, de l’université de Wageningue, cette étude est la première à examiner le cycle mondial du phosphore, essentiel à la croissance végétale, dans les pâturages. Elle révèle qu’au rythme actuel, la demande alimentaire croissante, en particulier de produits d’origine animale, pourrait devenir insoutenable pour ces champs, à surface agricole constante.

En cause, la pratique qui consiste à récolter le fumier produit par les élevages pour fertiliser les cultures, sans que le phosphore ainsi prélevé dans les sols soit reconstitué. Positif en Europe, le budget phosphore, à savoir les apports aux pâturages, s’avère négatif en Afrique, en Amérique du Sud et surtout en Asie. Ce continent, à l’origine de 44% des transferts mondiaux de phosphore des pâturages vers les cultures, pourrait rapidement voir ses rendements s’écrouler.

Selon les calculs des chercheurs, les apports en phosphore, que ce soit via le fumier laissé sur place ou par des engrais phosphatés, devra quadrupler d’ici 2050 afin de stabiliser le budget phosphore des pâturages. Et donc afin de combler la demande mondiale, qui ne sera assouvie qu’avec une  production végétale en hausse de 80% sur ces sols.

Deux fois plus d’engrais minéraux en 2050

Pour les seuls engrais phosphatés, les apports, aussi bien pour l’élevage que pour les cultures, devraient doubler d’ici 2050 par rapport à 2005, pour atteindre 45 millions de tonnes (Mt) par an. Ce qui équivaut, d’ici 2050, à 10,7 milliards de tonnes (Gt) de roches phosphatées, estiment les chercheurs.

Les ressources terrestres y suffiront-elles? Si les auteurs ne l’évoquent pas, la question peut se poser, alors que la possibilité d’une pénurie en phosphates fait polémique. En 2012, l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis (USGS) affirmait que la situation était moins critique qu’on ne le pensait: les réserves mondiales de roches phosphatées s’élèveraient à 71 Gt, dont 70% au Maroc, contre 16 Gt selon de précédentes estimations.

Les besoins agricoles estimés par l’équipe néerlandaise, de 10,7 Gt de roches phosphatées d’ici 2050, équivalent donc à environ 15% des réserves mondiales. Sur la base des estimations de l’USGS, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) jugeait en mars 2014 que les réserves mondiales pourraient tenir 189 ans, en tenant compte d’une production en hausse de 2% par an.



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