L’élevage de tigres ravive le trafic

Le 30 septembre 2016 par Romain Loury
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Elevage de tigres
Elevage de tigres

En Asie, le trafic de tigres, vivants ou morts, ne faiblit pas, révèle une étude publiée jeudi 29 septembre par le WWF. Les saisies sont même en hausse, avec l’arrivée de fermes d’élevage en Chine, au Laos, en Thaïlande, au Vietnam, et même en Afrique.

Certes, le tigre semble connaître une légère embellie: selon des données publiées en avril par le WWF, on compterait environ 3.890 individus en liberté dans le monde, contre 3.200 en 2010, en raison de progrès notables en Inde (qui compte près de 60% des effectifs) et en Russie. On est toutefois bien loin des 100.000 tigres qui peuplaient l’Asie au début du 20ème siècle.

Malgré ces timides progrès, le trafic demeure toujours aussi intense, selon un rapport publié par WWF et l’ONG Traffic. Selon des données obtenues auprès de 13 pays asiatiques sur la période 2000-15 (soit 801 saisies), le nombre de tigres, vivants, morts ou dépecés, est passé de 322 sur la période 2000-03 à 501 sur 2012-15.

Si l’Inde demeure première pour le nombre de saisies (44% de celles opérées depuis 2000), elle est en recul, tandis que la Chine, le Vietnam et la Thaïlande connaissent une hausse continue. Reste à déterminer si c’est le fait d’un trafic plus intense, ou d’une plus grande vigilance des autorités, ce que l’étude ne permet pas de trancher.

Des tigres vivants et d’élevage

Phénomène nouveau, ce sont de plus en plus de tigres vivants qui sont saisis lors des opérations: de 17 en 2000-07, leur nombre est passé à 64 en 2008-11, puis 186 depuis 2012 –ce dernier chiffre s’expliquant en grande partie par la saisie de 100 individus, en 2015, lors d’une opération au Temple du Tigre, attrape-touristes thaïlandais.

Autre évolution, la place croissante des élevages de tigres: selon une analyse menée en Chine et dans cinq pays d’Asie du Sud-est, leur proportion lors des saisies est passée de 8,2% en 2000-03 à 52,2% en 2012-15. Selon l’ONG Environmental Investigation Agency (EIA), on compterait environ 200 de ces fermes en Asie, hébergeant entre 7.000 et 8.000 tigres entre la Chine, le Laos, la Thaïlande et le Vietnam.

En marge de la CoP17 de la Cites, le Great Apes Survival Partnership (GRASP), initiative onusienne pour la protection des grands singes, a révélé la saisie d’environ 1.800 d’entre eux depuis 2005. Pour 67% d’entre eux, il s’agit d’orang-outans, utilisés comme animaux de compagnie, suivis des chimpanzés (24%), des gorilles (6%) et des bonobos (3%).

La mode gagne même l’Afrique: le WWF évoque ainsi des saisies de produits en provenance d’Afrique du Sud et d’Angola. Dans ce premier pays, qui autorise l’élevage de lions (chasse, exportation de produits dérivés comme ersatz du tigre), on compterait ainsi 280 tigres répartis dans 44 fermes, dont les produits seraient écoulés dans la filière légale du lion.

Le lion bientôt mieux protégé?

Alors que le tigre est classé, depuis 1975, dans l’annexe 1 de la Cites[i], ce qui interdit tout commerce, ce n’est pas le cas du lion d’Afrique, à l’annexe 2, dont le commerce «peut être autorisé et doit dans ce cas être couvert par un permis d’exportation ou un certificat de réexportation».

Cela pourrait toutefois changer à la 17ème conférence des parties (CoP17) de la Cites, en cours depuis samedi 24 septembre à Johannesburg, où plusieurs pays africains ont déposé une proposition pour un transfert du lion à l’annexe 1. Lors du Congrès mondial de la nature, organisé début septembre à Hawaii par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les participants ont adopté une motion demandant à l’Afrique du Sud d’interdire l’élevage commercial du lion.



[i] Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction

 



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