L’éléphant pas mieux protégé par la Cites

Le 04 octobre 2016 par Romain Loury
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Annexe II dans quatre pays d'Afrique
Annexe II dans quatre pays d'Afrique

Bilan très mitigé pour l’éléphant d’Afrique, lors de la 17ème conférence des parties de la Cites[i] qui s’achève mercredi 5 octobre à Johannesburg: les participants n’ont pas réussi à s’entendre sur une inscription à l’annexe I de toutes les populations du pachyderme, ce qui aurait amélioré sa protection. Ils ont toutefois empêché la Namibie et le Zimbabwe de lever les restrictions sur le commerce d’ivoire.



[i] Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction

 

Alors que l’éléphant d’Afrique a perdu un tiers de ses effectifs en 10 ans, les débats de la CoP17 sur son statut de protection étaient très attendus: soumise par 13 pays africains, la proposition visant à transférer toutes les populations à l’annexe I a pourtant échoué, lundi 3 octobre, à 62 voix contre et 44 pour. Et ce avec l’étonnant accord des Etats-Unis et de l’Union européenne –dont la France et le Luxembourg se sont démarqués.

L’inscription à l’annexe I interdit tout commerce international de ces espèces sauf dérogation spécifique -notamment à des fins de recherche. Celle à l’annexe II concerne les espèces dont le commerce «peut être autorisé et doit dans ce cas être couvert par un permis d'exportation ou un certificat de réexportation».

Depuis 1990, l’éléphant d’Afrique est en effet classé à l’annexe I dans les 37 pays de son aire de répartition, à l’exception de l’Afrique du Sud, de la Namibie, du Zimbabwe et du Botswana, où il est à l’annexe II. Or c’est dans ces pays que l’on compte le plus d’éléphants -35% de la population rien qu’au Botswana.

Quatre pays à l’annexe II

A l’exception du Botswana, les trois autres, rejoints par la Zambie, se sont montrés farouchement opposés à un transfert à l’annexe I, au motif que leurs populations étaient stables. Une position mal perçue par les 13 pays partisans d’une annexe I continentale, pour qui celle-ci bénéficierait à toute l’Afrique –en empêchant qu’un marché légal serve de couverture à l’illégal.

Epaulé par le Malawi, le Botswana a quant à lui fait volte-face lors de la CoP17, son ministre de l’environnement, de la faune et du tourisme, Tshekedi Khama, déclarant être «conscient de la grave crise de braconnage des éléphants qui sévit à l’échelle de l'Afrique».

Point positif, les participants à la CoP17 ont fait capoter la proposition de la Namibie et du Zimbabwe d’alléger les restrictions sur le commerce de leurs populations d’éléphants. Ils n’ont en revanche pu imposer une fermeture des marchés intérieurs légaux, malgré le soutien de la Chine et des Etats-Unis, se contentant d’un simple encouragement s’il était démontré qu’un tel commerce participait au braconnage.

Les gagnants de la CoP17

D’autres espèces auront eu plus de chance que l’éléphant: le perroquet gris du Gabon, le macaque de Barbarie et les huit espèces de pangolin (quatre asiatiques et quatre africaines) sont transférées à l’annexe I, tandis que le requin soyeux, le requin renard et la raie manta font leur entrée dans l’annexe II.

Les participants ont par ailleurs rejeté une proposition du Swaziland, dont le rhinocéros blanc est classé à l’annexe II, qui aurait permis la mise en place d’un commerce réglementé de sa corne.

Côté lion, toujours pas d’inscription à l’annexe I, comme cela était proposé par 10 pays d’Afrique: l’Afrique du Sud, et elle seule, pourra ainsi continuer à commercialiser os, griffes et crocs de lions morts (sauvages ou en captivité), mais désormais avec des quotas d’exportation et un compte-rendu annuel à la Cites.



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