L’électrosensibilité reconnue par la justice

Le 25 août 2015 par Romain Loury
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Vers un début de reconnaissance?
Vers un début de reconnaissance?
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Début juillet, le tribunal du contentieux de l’incapacité de Toulouse a reconnu le handicap d’une personne atteinte d’électrohypersensibilité (EHS), lui ouvrant le droit à une allocation adulte handicapé (AAH). Une première judiciaire en France.

Journaliste et auteure dramatique [1], Marine Richard, 40 ans, a enduré ses premiers symptômes en 2010: maux de tête, troubles cardiaques, problèmes de concentration, pertes de mémoire, puis malaises et évanouissements.

Devant la progression du mal, elle décide en 2011 de quitter Marseille, vivant tout d’abord dans une roulotte en Gironde, avant de se fixer dans une «zone blanche», dénuée d’ondes, dans les hautes montagnes de l’Ariège. C’est encore là qu’elle réside, dans une ancienne bergerie, subsistant en grande partie grâce au soutien financier de sa famille, explique-t-elle au JDLE.

Fin 2012, elle adresse une demande d’allocation adulte handicapé (AAH), actuellement fixée à 800,45 euros par mois en l’absence d’autres revenus, à la maison départementale des personnes en situation de handicap (MDPSH) de l’Ariège.

En avril 2014, celle de l’Essonne a été la première à accorder une aide à une personne atteinte d’ESH. Depuis, la situation est très disparate d’un département à l’autre, certains accordant des cartes d’invalidité sans allocation, d’autres des aides ponctuelles.

Des signes «irréfutables»

Après «9 à 10 mois», Marine Richard se voit signifier le refus de la MDPSH de l’Ariège. Après un recours gracieux aussi infructueux, elle décide de saisir la justice, qui lui a donné raison le 8 juillet. Dans son jugement rendu sur la base d’une expertise médicale, le tribunal du contentieux de l’incapacité de Toulouse estime que «la description des signes cliniques est irréfutable».

Marine Richard s’est ainsi vue reconnaître un taux d’incapacité fonctionnelle de 85%, lui donnant droit à l’AAH. Problème, celle-ci lui est accordée pour une durée de deux ans renouvelable, or la décision prend effet à compter de la demande initiale. Il lui faut donc reformuler sa demande auprès de la MDPSH, sans certitude que la  procédure ne s’éternise pas.

Pour l’association Robin des toits, cette victoire judiciaire, une première en France, constitue «un grand pas en avant pour la reconnaissance» de l’ESH. Contacté par le JDLE, son porte-parole Etienne Cendrier «constate que la justice est plus humaine que beaucoup de nos gouvernants, qui, quelle que soit la majorité à laquelle ils appartiennent, passent leur temps à biberonner les intérêts économiques».

[1] En mai dernier, Marine Richard a publié «Sans mobile», un thriller sur le thème de l’EHS, publié aux éditions Le Square.



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