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L’Efsa saque les laits de croissance

Le 30 octobre 2013 par Romain Loury
Les laits de croissance ne sont pas utiles.
Les laits de croissance ne sont pas utiles.
DR

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) juge que les laits de croissance pour enfants en bas âge n’ont aucun intérêt nutritionnel dès lors que l’alimentation est équilibrée, dans un avis publié le 25 octobre.

A la différence des préparations pour nourrissons (de 0 à 6 mois) et des préparations de suite (de 6 mois à 1 an), celles dites «de croissance», destinées aux enfants de 1 an à 3 ans, «ne sont pas encadrées par des règles spécifiques dans l’UE», rappelle l’Efsa dans un communiqué. «La Commission examine s’il faut recommander des dispositions spéciales pour ces produits dans la législation future», ajoute-t-elle.

C’est dans le cadre de cet examen que la Commission a saisi l’Efsa quant à ces produits, une évaluation dont l’autorité vient de publier le premier volet. Son constat: les laits de croissance «ne sont pas plus efficaces, en ce qui concerne l’apport en nutriments, que les autres aliments constituant le régime alimentaire normal des enfants en bas âge».

Pour aboutir à cette conclusion, le groupe scientifique sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies (NDA) de l’Efsa s’est livré à une évaluation des besoins en nutriments des nourrissons et des enfants en bas âge. Selon lui, des carences seraient observées, dans certains pays, pour 5 d’entre eux: l’acide alpha-linolénique et l’acide docosahexaénoïque (l’ALA et le DHA, tous deux des oméga-3), le fer, la vitamine D et l’iode.

 

Des «alternatives efficaces»

Si «les préparations enrichies, y compris les préparations pour enfants en bas âge, constituent l’un des moyens d’augmenter ces apports, il existe des alternatives efficaces, telles que le lait de vache enrichi, les céréales et aliments à base de céréales enrichis, des compléments ou l’introduction précoce de viande et de poisson dans l’alimentation complémentaire, ainsi que la poursuite de la consommation régulière de ces aliments», juge l’Efsa.

S’il se montre sévère, l’avis de l’Efsa va moins loin que celui publié en juillet par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui promeut activement l’allaitement au sein, lequel doit selon elle  être exclusif jusqu’à 6 mois, puis complémenté jusqu’à 2 ans par des aliments «locaux et nourrissants».

Selon elle, les préparations de suite et de croissance, donc dès l’âge de 6 mois, sont «superflues», mais aussi «inadéquates»: par rapport aux recommandations de l’OMS, «elles entraînent un apport plus élevé en protéines, et un apport plus bas en acides gras essentiels, en fer, en zinc et en vitamine B».

Prochaine étape de son travail sur les laits de croissance, l’Efsa publiera en 2014 un autre avis au sujet des composants essentiels des laits de croissance.