L’Efsa publie une étude controversée sur les pesticides

Le 24 octobre 2013 par Marine Jobert
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Les dangers des pesticides, un sujet encore controversé?
Les dangers des pesticides, un sujet encore controversé?
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Les expertises se suivent…et ne se ressemblent pas. En juin 2013, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) publiait une méta-analyse sur l’enjeu sanitaire attaché aux expositions professionnelles et générales des populations aux pesticides. Elle concluait notamment à «des augmentations de risques significatives pour plusieurs pathologies» et établissait des «présomptions fortes ou moyennes» de lien entre l’exposition à des pesticides et des maladies comme le lymphome non Hodgkinien, le cancer de la prostate, les myélomes multiples, des leucémies, les maladies de Parkinson et d’Alzheimer, sur divers troubles cognitifs, ainsi que des impacts sur la fertilité et la fécondabilité. Aujourd’hui, un rapport réalisé par des chercheurs de l’Université de Ioannina (Grèce), sollicités par l’Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa), électrise à nouveau le débat. Basé sur 602 études parues depuis 2006, ce rapport indique n’avoir identifié que deux pathologies -leucémies infantiles et maladie de Parkinson- dont le risque de survenue serait statistiquement associé à l'exposition aux pesticides. Pour les 24 autres pathologies étudiées, les auteurs ne concluent pas.

 

Expertises en décalages

Derrière cette (apparente) controverse scientifique, c’est à nouveau la pertinence de l’expertise portée par l’Efsa qui revient sur le devant de la scène. Même si ce ne sont pas les experts de l’agence de Parme qui ont réalisé cette étude sur les effets sanitaires des pesticides, et même si les résultats qui y sont exposés n’expriment pas ses vues ni ne la lient, il est des voix pour critiquer cette publication. C’est le cas de l’association Générations Futures (GF), qui en plus de remettre en cause la méthodologie des scientifiques, replace cette expertise dans le contexte controversé de l’expertise menée sur les pesticides par l’Efsa. Car celle-ci, rappelle GF, est chargée d’évaluer les risques posés par les matières actives des pesticides. «Il eut été très surprenant de voir l’Efsa reconnaître facilement que les pesticides qu’elle autorise depuis des années ...constituent en fait un risque pour la santé humaine, sauf à reconnaître la faiblesse de l’évaluation des risques mise en œuvre à l’Efse», pointe François Veillerette, le porte-parole de GF. «L’agence persiste à commanditer des rapports lénifiants qui ne peuvent rien montrer pour justifier un système d’évaluation et d’homologation des matières actives pesticides déficient, dont le seul bénéficiaire est l’industrie agrochimiques et ses actionnaires, et en aucun cas la santé publique», ajoute t-il.

 

Et de citer le cas du bisphénol A (BPA) «où l’Agence se cramponne toujours à quelques études sensées montrer la sûreté de cette substance alors que les publications scientifiques validées montrent très majoritairement que le BPA est dangereux pour l’homme.» Le décalage avec le récent avis rendu par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) sur le BPA en est une illustration éclatante, puisque «l'expertise de l'agence française conduirait à réduire d'un facteur 10 000 environ le seuil admissible de BPA établi par l'Efsa», rappelle Le Monde.

 

 



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