L’Efsa inquiète de l’omniprésence des PFAS

Le 27 février 2020 par Romain Loury
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Le siège de l'Efsa, à Parme
Le siège de l'Efsa, à Parme

Les substances poly- ou perfluoroalkylées, soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens, constituent un motif d’inquiétude sanitaire, juge l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) dans un avis soumis à consultation jusqu’au 20 avril.

Tensioactifs très résistants, les PFAS, qui comptent l’acide perfluorooctanoïque (PFOA) et l’acide perfluorooctanesulfonique (PFOS), sont très résistants dans l’environnement. Largement utilisés dans les papiers d’emballage alimentaire, les textiles, les poêles antiadhésives ou dans les peintures, ils imprègnent toute la population, selon des résultats de la cohorte française ESTEBAN publiés en septembre 2019.

Parmi leurs effets sanitaires, des études ont suggéré un risque d’infertilité chez les couples et de malformation des spermatozoïdes, sur l’obésité ou encore sur le décalage des règles. Or selon l’avis soumis lundi 24 février à consultation, l’exposition de la population excède largement la nouvelle dose hebdomadaire tolérable (DHT) proposée par l’Efsa.

Une DHT largement outrepassée

Cette DHT s’élève à 8 nanogrammes par semaine et par kg de poids corporel. Or l’exposition de la population serait en général bien plus élevée que cela, entre 1,5 à 4,5 fois plus élevée chez les adolescents et adultes les moins exposés aux PFAS, soit bien plus pour les personnes les plus exposées. Ce qui, selon l’Efsa, constitue un motif d’inquiétude sanitaire.

Pour la première fois, l’Efsa fixe une DHT pour l’ensemble des PFAS, sur la base d’une méthodologie publiée en mars 2019, dénommée MixTox, visant à évaluer la toxicité de mélanges chimiques. Dans son avis, l’Efsa a ainsi regroupé l’effet de quatre PFAS, à savoir le PFOA, le PFOS, le PFNA et le PFHxS.