L’Efsa frise l’overdose d’aspartame

Le 01 juin 2011 par Romain Loury
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L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) va prochainement réévaluer la sécurité de l’aspartame à la demande de la Commission, un travail qui ne devait avoir lieu qu’en 2020.
Selon le communiqué de l’Efsa, ce travail [1], à rendre avant juillet 2012, constituera le cinquième avis rédigé sur l’aspartame à la demande de la Commission européenne. Ce qui n’est pas loin d’agacer l’autorité: «Si le moindre élément avait conduit notre groupe d’experts à remettre en cause la sécurité du produit, nous aurions immédiatement lancé une réévaluation du produit», assure-t-elle.
Lancée 8 ans avant la date prévue, cette demande de la Commission sonne en effet comme un désaveu de l’une des dernières positions de l’Efsa sur l’aspartame, publiée en février. L’autorité y avait réaffirmé la sécurité du produit, après la publication de deux études alarmantes, l’une sur un risque de cancer, l’autre d’accouchement prématuré [2].
«L’Efsa a conclu que les deux études ne justifient pas une révision des évaluations précédentes de l’aspartame ou d’autres édulcorants actuellement autorisés dans l’Union européenne», rappelle l’autorité sur son site internet.
En requérant cette réévaluation 8 ans en avance, la Commission a cédé à la pression de plusieurs députés européens, eux-mêmes soutenus par plusieurs associations opposées à l’aspartame, croit savoir le Daily Mail.
Au Parlement européen, la dernière attaque contre l’aspartame remonte à mi-avril, lorsque des eurodéputés ont proposé de le déconseiller aux femmes enceintes (voir le JDLE). Du côté des associations, le Réseau environnement-santé (RES) vient de livrer un nouvel assaut contre l’édulcorant. Dans un communiqué, il s’étonne du manque de sérieux scientifique des études ayant fondé la dose journalière admissible (DJA), prônant aussi des recommandations chez les femmes enceintes.
 
[1] Cette réévaluation s’effectuera «en lien étroit» avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui a récemment mis en place un groupe de travail sur l’édulcorant (voir le JDLE).
[2] La première étude avait montré un risque cancéreux chez la souris, tandis que la seconde, épidémiologique, suggérait un risque accru d’accouchement prématuré chez les Danoises.


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