L’Efsa examine à la loupe le bien-être des poulets

Le 29 juillet 2010 par Célia Fontaine
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L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a adopté, le 28 juillet, deux avis qui concernent le bien-être des poulets. Le premier (voir l'avis) porte sur l’influence de la sélection génétique sur le bien-être des poulets de chair, le second (voir l'avis) sur l’influence des conditions de logement et d’exploitation sur le bien-être des poulets de reproduction.

Conformément à la directive 2007/43/CE, la Commission européenne doit soumettre au Parlement européen et au Conseil un rapport sur l’influence des paramètres génétiques sur les carences identifiées qui nuisent au bien-être des poulets. Les avis du groupe scientifique de l’Efsa sur la santé et le bien-être des animaux (Ahaw) qui viennent d’être adoptés aideront la Commission à préparer ce rapport.

« La plupart des préoccupations en matière de bien-être sont liées aux vitesses rapides de croissance, résultant de la sélection génétique chez les poulets », ont déclaré les experts.

Ces volatiles grandissent de plus en plus vite. Depuis les années 1950, leur vitesse de croissance a quadruplé. Résultat, le bien-être des oiseaux est altéré de différentes manières : troubles du squelette entraînant des problèmes de claudication, dermatites de contact[1], formes corporelles irrégulières mais également syndromes de mort subite.

Pour améliorer cette situation, l’Efsa préconise de mieux sélectionner génétiquement les volailles pour les aider à mieux supporter leurs conditions de vie. Exemple, « les oiseaux dont la croissance est plus lente devraient être sélectionnés pour les climats chauds, car les poulets de chair à croissance rapide sont sensibles au stress thermique ».

Les jeunes Gallus gallus domesticus grandissent donc plus vite et deviennent rapidement des volatiles à « haut rendement musculaire », qui ont « une très forte consommation alimentaire ». L’avis recommande donc d’opérer des restrictions alimentaires pour limiter leur vitesse de croissance afin de les maintenir en bonne santé. Mais avec cette technique « les poulets ont tout le temps faim et sont complètement stressés et frustrés », déplore Jessica Manichon, de la Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF). Pour l’association, la sélection génétique a été faite « à l’extrême », et il faudrait limiter le plus possible les souches à croissance rapide. «C’est pourquoi les consommateurs devraient privilégier les poulets abattus à 81 jours (et non 40), afin que les souches à croissance « lente/normale » soient la norme».

En ce qui concerne les volatiles réservés à la reproduction, plusieurs facteurs de risque majeurs sont liés aux conditions d’élevage : un environnement stérile, la densité des animaux, les restrictions alimentaires et des sources de lumière limitées. L’Efsa recommande de stimuler davantage les poulets reproducteurs en mettant à leur disposition des perchoirs et des nichoirs en hauteur. Il est également suggéré d’éviter certaines pratiques d’élevages comme « l’ablation d’une partie de l’ergot ou de la crête » ou bien de le faire de la façon la moins douloureuse possible.

Les scientifiques rappellent enfin qu’ils ont manqué de données qualitatives pour pouvoir rendre leurs avis. Ils soulignent donc le besoin d’harmoniser l’ensemble des renseignements en Europe « permettant d’évaluer pleinement l’impact de la sélection génétique, ainsi que l’impact des systèmes d’élevage et d’exploitation des poulets de reproduction sur le bien-être des oiseaux. »



[1] Les poulets ne pouvant plus se tenir debout du fait de leur taille et leur poids, les pattes et le poitrail s’enflamment à cause du contact permanent avec le sol souillé



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