L'Efsa disqualifie l'étude Séralini

Le 04 octobre 2012 par Stéphanie Senet
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L'Efsa disqualifie Séralini qui disqualifie l'Efsa
L'Efsa disqualifie Séralini qui disqualifie l'Efsa

Saisie le 19 septembre par la Commission européenne, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a rendu son verdict, ce 4 octobre, sur l’étude conduite par le professeur Séralini. Elle a conclu que l’article sur la toxicité du maïs génétiquement modifié NK603 était «d’une qualité scientifique insuffisante pour être considérée valide pour l’évaluation des risques».

Les critiques de l’Efsa se focalisent sur la conception, le système de rapport de données et l’analyse de l’étude, qu’elle juge «inadéquats».

«Certains pourraient être surpris par le fait que la déclaration de l’Efsa se concentre sur la méthodologie utilisée dans cette étude plutôt que sur ses résultats, mais cette question est justement au cœur du problème», insiste Per Bergman, le directeur de l’évaluation scientifique des produits réglementés.

Dans ses conclusions, le groupe de travail de l’Efsa, composé de scientifiques choisis parmi les unités OGM, Pesticides et Evaluation scientifique, détaille les mêmes critiques déjà soulevées par la communauté scientifique après la publication de l’étude, le 19 septembre, dans la revue américaine Food and Chemical Toxicology (voir JDLE).

Premier grief: la souche de rat utilisée (dite Sprague-Dawley, ndlr), qui est sujette à développer des tumeurs au cours de son espérance de vie d’environ deux ans. Ensuite, la présence d’un seul groupe-contrôle, et non un par type de traitement, est jugée insuffisante. L’Efsa poursuit sur le non-respect des lignes directrices de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), préconisant d’utiliser au minimum 50 rats par groupe de traitement (l’équipe de Séralini n’en a sélectionné que 10). Enfin, elle cible plusieurs manques d’information. Selon elle, les objectifs de recherche n’ont pas été communiqués, ni la composition de la nourriture administrée aux rats, ni la quantité exacte de l’apport en herbicide, ni les informations sur d’autres lésions que des tumeurs.

Résultat: l’Autorité européenne demande au professeur Séralini de lui fournir des informations complémentaires, afin de procéder à un deuxième examen. Celui-ci comprendra aussi une étude des évaluations réalisées par d’autres Etats membres et notamment par les autorités allemandes responsables de l’évaluation du glyphosate. La deuxième lecture de l’Efsa sera rendue publique d’ici fin octobre.

Surtout, aucune étude complémentaire n’est lancée en son sein. «L’Efsa considère qu’il n’est pas nécessaire qu’elle réexamine l’évaluation précédente réalisée sur la sécurité du maïs NK603, ni qu’elle tienne compte de ces résultats dans le cadre de l’évaluation actuelle qu’elle effectue sur le glyphosate», écrit-elle dans un communiqué.

Anticipant ces conclusions, le chercheur caennais avait dénié, le 20 septembre, toute autorité aux experts de l’Efsa pour mener une contre-expertise de son étude, au nom «d’un conflit d’intérêt avec leur autorité et leur carrière», alors même qu’ils ont émis un avis positif à la commercialisation du maïs NK603. Il a confirmé, ce jour, qu’il ne communiquerait aucune donnée supplémentaire à l’Efsa, à qui il renvoie la balle en l’appelant à fournir les éléments scientifiques qui l’ont amenée à autoriser le maïs NK603, le Roundup, ainsi que tous les autres OGM. Le débat scientifique est loin d’être clos.

http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/121004.htm

 



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