L’effet du Distilbène se fait toujours sentir

Le 01 décembre 2014 par Romain Loury
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Un médicament abandonné, mais toujours aussi toxique
Un médicament abandonné, mais toujours aussi toxique

Les effets du diéthylstilbestrol, commercialisé sous le nom de Distilbène, se confirment: la troisième génération, la première à n’avoir pas directement exposée, présente plusieurs problèmes sanitaires, dont des malformations génitales chez les garçons.

Financée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et soutenue par la Mutualité française, cette étude du Réseau DES France confirme les craintes: le Distilbène, hormone de synthèse prescrit de 1950 à 1977 en France afin de prévenir les fausses couches, a bien des effets «transgénérationnels».

Présentée lundi 1er décembre au Sénat, l’étude confirme un surrisque (+29%) de cancer du sein chez les femmes ayant pris le médicament, ainsi qu’un risque doublé chez leurs filles, exposées in utero.  Chez les garçons, on retrouve en revanche des cancers du testicule et des malformations génitales, dont des hypospadias (défaut de fermeture de l’urètre) et des cryptorchidies (non-descente des testicules).

Phénomène déjà révélé par d’autres travaux, dont ceux de l’endocrinologue montpelliérain Charles Sultan, le risque s’étend à la troisième génération, à savoir les petits-enfants de femmes ayant pris le médicament pendant leur grossesse, pour certains risques sanitaires.

Handicaps moteurs, problèmes œsophagiens.

Le Réseau DES France évoque ainsi «une augmentation du nombre d’atrésies de l’œsophage (obstruction)», ainsi qu’une «augmentation du nombre d’enfants infirmes moteurs cérébraux, liée à un taux plus élevé de naissances prématurées, en particulier très prématurées».

Chez les garçons de cette génération, le risque de malformations génitales demeure surélevé, tandis que les données sont plutôt rassurantes de ce côté-ci pour les filles.

Quant aux cancers du sein, il est probablement trop tôt pour se prononcer: «il a été observé un petit nombre de cancers, les chiffres étant dans la norme. Toutefois, on ne peut conclure définitivement, car ces nombres portent sur des petites séries, et compte tenu de l’âge moyen des participants (15 ans)».

A l’origine de ces effets transgénérationnels, le DES, perturbateur endocrinien, modifierait la régulation épigénétique des gènes, à savoir les modifications chimiques qui affectent l’ADN sans affecter sa séquence –telles que la méthylation-, mais qui seraient tout aussi héritables. Voilà qui peut faire redouter le pire pour d’autres perturbateurs endocriniens… dont le bisphénol A, proche cousin du DES.



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