L’économie du programme nucléaire britannique toujours en question

Le 29 mai 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le site de Wylfa est déjà largement nucléarisé.
Le site de Wylfa est déjà largement nucléarisé.
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La chute régulière du coût de production de l’électricité d’origine éolienne et photovoltaïque réduit l’attractivité de l’énergie nucléaire, gourmande en capital. Dès lors, comment financer de telles centrales qui restent l’un des piliers de la décarbonation du secteur électrique britannique?

 

La question s’était déjà posée pour la centrale de Hinkley Point C, au Royaume-Uni. Porté par EDF, ce projet de construction de deux réacteurs EPR n’a été jugé viable par l’opérateur français qu’à la condition de pouvoir vendre, 35 années durant, son électricité au prix fixe de 109 euros le mégawattheure, quel que soit le prix observé sur le marché de gros. Malgré cette subvention qui ne dit pas son nom, l’opération, validée par la Commission européenne, avait été jugée risquée. Le directeur financier d’EDF avait même rendu son tablier pour ne pas avoir à la cautionner.

réacteurs à eau bouillante

La question de la rentabilité de futures centrales nucléaires britanniques reste d’actualité. Voilà des années que Hitachi se propose d’ériger deux réacteurs à eau bouillante de nouvelle génération sur le site gallois de Wylfa. D’une capacité totale de 2.700 mégawatts électriques (MWe), cette nouvelle installation pourrait nécessiter un investissement de 23 milliards d’euros. Mais cette fois, l’équation financière s’avère plus délicate encore à résoudre que pour les EPR frenchy.

moins coûteux que les EPR

Après des années de tractation, l’administration d’Elisabeth II n’a pas fléchi: Londres n’est pas opposé à la conclusion d’un accord comparable avec celui conclu avec EDF Energy, mais moins cher. Selon la presse britannique, le prix garanti tournerait autour de 91 €/MWh: 16% de moins que pour les EPR tricolores.

rendez-vous en 2019

Pareilles conditions font hésiter les Japonais. Lundi 28 mai, Hitachi a tenu un conseil d’administration houleux. Sous la férule de Hiroaki Nakanishi, son PDG très favorable au projet, le consortium nippon a toutefois décidé de poursuivre les études de faisabilité et de se donner du temps. Qu’elle soit positive ou négative, la décision finale ne devrait pas intervenir avant l’année prochaine.



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