L’économie américaine sous menace climatique

Le 26 novembre 2018 par Romain Loury
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L'ouragan Harvey, août 2017
L'ouragan Harvey, août 2017

Le changement climatique n’est pas une invention chinoise pour freiner l’économie américaine, comme l’affirmait Donald Trump en 2012: au contraire, ne rien faire pour l’atténuer coûtera des centaines de milliards de dollars à plusieurs secteurs clés, révèle le quatrième National Climate Assessment (NCA) américain, dont le deuxième tome a été publié vendredi 23 novembre.

 

Ni l’origine humaine du réchauffement, ni ses impacts présents et à venir, ne font plus l’objet d’aucun doute sérieux. Si la cause semble entendue, elle ne l’est pas de tous. En particulier d’une frange des politiciens américains, au premier rang desquels le président Donald Trump. Raison pour laquelle le quatrième NCA, dont le second tome a été publié vendredi 23 novembre par le Programme de recherche américain sur le changement climatique (USGCRP), résonne fort.

En soi, le rapport n’apporte rien de bien neuf, si ce n’est que, à l’instar du Giec[i], il est plus alarmant que son prédécesseur, le troisième NCA, publié en mai 2014. Après un premier volume publié en octobre 2017, consacré au changement climatique et à ses origines, ce nouveau tome porte sur les impacts, les risques et l’adaptation.

Il évoque les multiples risques qui guettent les Etats-Unis, aussi bien sur les écosystèmes, l’eau, les océans, l’agriculture, la santé et les infrastructures. Et, élément qui pourrait lui valoir un peu plus d’attention des gouvernants climatosceptiques, il pointe les conséquences gravissimes sur l’économie américaine, à ce à plusieurs titres.

Agriculture et infrastructures

Pour les experts, il est manifeste que plusieurs secteurs, hautement dépendants de la météorologie et des ressources naturelles, sont d’ores et déjà de plus en plus vulnérables au changement climatique.

Parmi eux, l’agriculture, dont les rendements pourraient chuter sous le coup des catastrophes climatiques telles que les sécheresses et les inondations. Ou encore le tourisme, amoindri par la dégradation des écosystèmes. Egalement frappée, la pêche, en raison des nombreuses menaces (hausse thermique, acidification, etc.) pesant sur les ressources halieutiques.

Les infrastructures liées au transport, au transport de l’eau ou de l’énergie, sont également à risque accru du fait d’épisodes climatiques extrêmes (sécheresses, vagues de chaleur, inondations, incendies, etc.). D’actualité en Californie, le risque accru d’incendies de forêt constitue un risque pour les propriétés privées et les ranchs. Plus au nord, la fonte du pergélisol engendre déjà des dégâts sur les routes, les bâtiments et les pipelines.

Un fardeau pour le monde du travail

Le changement climatique aura aussi d’importants effets sur la santé publique, avec de lourdes conséquences économiques. Les vagues de chaleur pourraient ainsi faire perdre au pays deux milliards d’heures de travail par an, en 2090 et dans un scénario tendanciel d’émissions (RCP8.5 du Giec), soit 160 milliards de dollars de salaire perdus.

Selon les chercheurs, le réchauffement fera perdre «des centaines de milliards de dollars par an» à plusieurs de ces secteurs économiques, d’ici à la fin du siècle, somme qui excèderait le produit intérieur brut (PIB) de plusieurs Etats américains. Un chiffre qu’il s’avère impossible à préciser, non seulement en raison des incertitudes d’une modélisation, mais aussi de l’interconnexion forte des divers secteurs affectés.

Au-delà des effets sur le sol américain, les impacts à l’étranger auront aussi des répercussions sur l’économie nationale, que ce soit sur les prix à l’import et à l’export, les entreprises implantées à l’étranger ainsi que les chaînes d’approvisionnement.



[i] Giec: groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

 



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