L’écologie: un nouveau droit de l’homme

Le 20 juin 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les populations locales devront de plus en plus protéger leurs territoires des appétits des entreprises extractives et de l'agro-business.
Les populations locales devront de plus en plus protéger leurs territoires des appétits des entreprises extractives et de l'agro-business.
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185 activistes de l’environnement ont été assassinés dans le monde en 2015: +59% en un an.

Depuis 13 ans qu’elle tient ce macabre décompte annuel, Global Witness n’avait jamais vu cela. En 2015, dévoile ce 20 juin l’ONG anglo-américaine dans un rapport, pas moins de 185 personnes luttant pour préserver leur environnement ont été assassinées: 59% de plus en un an! Depuis 2002, 1.176 activistes écologistes ont ainsi perdu la vie, détaille le rapport.

 

Les pays les plus meurtriers

Il ne fait pas bon défendre la nature sous les tropiques. A eux 5, Brésil, Philippines, Colombie, Pérou et Nicaragua doivent déplorer 133 victimes. Pour autant, l’exhaustivité n’est pas de ce monde. Global Witness ne comptabilise que les cas qu’elle a pu documenter. «Nos données sur ces meurtres sous-estiment très probablement l’ampleur du problème, car de nombreux assassinats ne sont pas rendus publics, notamment dans les régions isolées.» Les statistiques devraient être probablement revues à la hausse pour l’Afrique, l’Asie et la haute mer: trois zones où l’ONG ne décompte pourtant qu’une cinquantaine de morts, dont 33 pour les seules Philippines.

 

Qui sont les victimes?

Assassinée le 3 mars dernier, Berta Cáceres est très représentative de ces militants. Défenseure des droits des populations indigènes (du Honduras, dans le cas présent), elle s’était pleinement investie dans la protection du Río Gualcarque, fleuve menacé par un projet de barrage honduro-chinois. Pour Global Witness, nombre des victimes n’étaient pas des activistes professionnels de l’environnement, mais des journalistes, des responsables associatifs, des responsables de communautés indigènes ou des avocats.

 

Pourquoi ces meurtres?

Dans la plupart des cas, ces personnes défendaient des terres ancestrales ou allouées à des populations indigènes. Les entreprises extractives et minières lorgnent sur ces territoires pour s’en assurer l’exploitation du sous-sol. Pour avoir refusé l’accès de leur environnement à ces compagnies, 42 personnes ont été assassinées l’an dernier, estime Global Witness. L’agrobusiness est le second secteur le plus gourmand en terres, que ce soit pour y planter des palmiers à huile, pour y établir des zones de pâturages ou pour exploiter le bois: 20 activistes tués en 2015. Soit autant que de victimes inscrites au débit des projets hydroélectriques ou d’irrigation.

 

Connaît-on les assassins?

Les proches des victimes avouent parfois cohabiter avec les meurtriers. Global Witness affirme avoir des informations sur des suspects dans 97 affaires. L’ONG accuse les Etats et les promoteurs des projets d’être les commanditaires, les exécutants étant souvent des hommes de main. Aux Philippines et en Colombie, des paramilitaires auraient abattu 16 activistes de l’environnement en 2015. Soit trois de plus que les… militaires.

 

Comment la situation peut-elle évoluer?

Sans réponse rapide et efficace des autorités, la sécurité des écologistes ne peut que se dégrader. Les terres encore vierges suscitent de plus en plus d’intérêt. Or, si les populations indigènes ne représentent plus que 6% de la population mondiale, elles sont censées contrôler 20% de la surface des terres exploitables. Sans avoir les moyens de les protéger et de se protéger.



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