L’écolier britannique privé de changement climatique?

Le 18 mars 2013 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les écoliers britanniques tenus à l'écart des questions relatives au changement climatique, quand leurs homologues américains commencent à y être initiés...
Les écoliers britanniques tenus à l'écart des questions relatives au changement climatique, quand leurs homologues américains commencent à y être initiés...
DR

Ils n’en entendront pas parler avant 14 ans, ou si peu. Les nouvelles lignes directrices, encore à l’étude, des programmes scolaires en Grande-Bretagne prévoient que la question du changement climatique ne soit plus abordée en tant que telle, notamment en cours de géographie. Le cours de chimie y consacrera une brève leçon sur les impacts de la production de CO2 par les humains. Exit le développement durable, qui sera vaguement abordé via la question de l’efficacité du recyclage en classe de chimie. A l’heure où les programmes scolaires américains font enfin une place à ces problématiques [JDLE], la tentation britannique en laisse plus d’un interloqué.

 

Climatologues et associations favorables à la décarbonisation de la société sont montés au créneau, car les enfants sont d’excellents porte-parole sur ce sujet. «Il y a interférence entre le politique et la définition du programme de géographie», estime l’ancien conseiller scientifique du gouvernement, Sir David King, qui souhaiterait voir le changement climatique enseigné en même temps que la réduction de l’usage des CFC –responsables du mitage de la couche d’ozone- ou de la pollution de l’air causée par les centrales à charbon et les véhicules. «Si ces questions ne sont pas abordées en classe de géographie, où peuvent-elles l’être? En ne les enseignant pas, nous oublierions notre devoir envers les générations futures», estime t-il dans le journal The Guardian.

 

L’association géographique, qui représente 6.000 professeurs de géographie, et la société royale de géographie (RGS) semblent plutôt satisfaites des changements à venir. «Par le passé, dans bien des cas, les élèves étudiaient la question du changement climatique sans rien connaître du climat», explique Rita Gardner, directrice de la RGS. Elle plaide pour que ces questions soient abordées après l’examen appelé certificat général de l’enseignement secondaire -l’équivalent du brevet français- indispensable pour poursuivre des études supérieures. «Ce projet de programme donnera de bonnes bases en géographie et pour mieux comprendre le changement climatique et le développement durable.» Un porte-parole du ministère de l’éducation a réfuté toute purge de la question climatique des manuels scolaires: «Tous les enfants auront à connaître le changement climatique. Celui-ci est mentionné spécifiquement dans le programme scientifique et tant le climat que l’étude de la météorologie seront abordés dans le programme de géographie». Une liberté pédagogique est par ailleurs laissée aux enseignants pour aborder ces questions.

 

Ces mises au point ne rassurent pas les critiques des nouveaux programmes. Selon eux, une question aussi cruciale que le changement climatique ne peut pas être laissée au bon vouloir des enseignants. D’autant que quantités d’élèves –ceux qui n’iront pas au-delà du brevet- seront de fait privés d’enseignements spécifiques sur la question. Cette problématique risque d’occuper le monde enseignant pour les temps à venir, puisque les programmes sont encore en discussion.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus