L'Ecolabel ne plaît pas aux industriels

Le 18 octobre 2004 par Claire Avignon
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L'Ecolabel de la Commission européenne a peu de succès. Les industriels de l'électroménager lui reproche de n'apporter aucune notoriété.

La Commission européenne a publié début octobre les nouveaux critères d'attribution du label écologique communautaire des réfrigérateurs.

En 10 ans, seuls deux réfrigérateurs ont obtenu l'Ecolabel. Il s'agit d'un appareil de marque coréenne LG Electronics, distribué dans le Benelux, en Allemagne et en Grande-Bretagne, et d'un appareil de la marque danoise Vestfrost distribué dans son pays d'origine.

Les réfrigérateurs inscrits dans la catégorie des appareils électroménagers doivent répondre à des critères précis: appartenir à la classe énergétique A+ ou A++; avoir un potentiel de destruction de l'ozone nul, un potentiel de réchauffement de la planète inférieur à 15 (mesure de comparaison sur le réchauffement de la planète des gaz à effet de serre par rapport au dioxyde de carbone), une reprise gratuite de l'appareil par le fabricant, une puissance acoustique inférieure à 40 décibels etc.

Mais l'ensemble des fabricants d'électroménager ne semble pas prêt à demander ce label. «Il coûte cher et possède un manque de notoriété flagrant. Les consommateurs ne connaissent pas son symbole, la fleur avec un E au milieu», estime Patrick le Devehat du Groupement interprofessionnel des fabricants d'appareils d'équipement ménager (Gifam). «Nous n'avons pas besoin de lui pour développer une démarche soucieuse de l'environnement.»

Une obligation réglementaire impose déjà le classement énergétique des appareils ménagers de A à C depuis 1998. En juillet 2004, les classes d'efficacité énergétique A+ et A++ ont été introduites, elles sont de 25 à 42% supérieures à la classe A. «En plus de toutes ces améliorations énergétiques qui ont demandé de grands progrès techniques, nous avons remplacé les chlorofluorocarbones (CFC) par des hydrocarbures (HC), qui sont moins efficaces mais qui ne sont pas visés par le protocole de Kyoto», explique Pascal Ménard de la direction technique de Whirlpool. «Et pour l'année prochaine, nous préparons l'application d'une directive sur les produits en fin de vie.» Les fabricants estiment donc avoir assez à faire avec la réglementation pour ne pas se préoccuper d'un label.

Toutefois, selon Marleen Van den Brande, responsable de l'Ecolabel en Belgique au sein de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, «ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de demandeurs qu'il n'est pas utilisé. Les fabricants modèlent leurs produits en fonction de nos critères. Il y a donc un effet indirect.» Les fabricants pourraient changer bientôt d'avis selon Pascal Ménard. «Le marketing environnemental prend de plus en plus d'importance. D'ailleurs certaines catégories de population utilisent le classement énergétique comme un critère écologique.» Or, les réfrigérateurs de classe A+ qui prennent en compte le recyclage de leur matériel s'approchent des critères définis par l'Ecolabel. Encore faut-il demander la labellisation.

L'Union européenne doit encore faire connaître ce label au grand public. Pour cela, elle a organisé du 18 au 24 octobre la flowerweek. Mais avec un budget de 200.000 euros en France, la campagne n'a que peu été suivie.


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