L’écobuage met le feu au Pays Basque

Le 14 mars 2017 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le soleil rouge, en plein jour, derrière la fumée.
Le soleil rouge, en plein jour, derrière la fumée.
Laurence Goyeneche

Coutume régénératrice selon les uns, pratique délétère pour les sols et les poumons pour les autres, l’écobuage clive le Pays Basque, théâtre de milliers de feux volontaires chaque année. Un collectif de citoyens a vu le jour, pour nouer un dialogue qui s’annonce tendu.

«U aski Euskal Herrian!» Halte au feu au Pays basque, c’est le nom d’un collectif de citoyens, qui dénoncent l’augmentation exponentielle des écobuages, ces feux volontaires, destinés à brûler, à la fin de l’hiver, la couche superficielle de végétation. Entre le 15 octobre 2016 et la fin mars 2017, ce sont près de 3.200 départs de feux volontaires qui auront été déclarés dans les seules Pyrénées-Atlantiques[1], rappelle Ouest-France, sur des surfaces qui tendent à augmenter. Or, dénoncent ces citoyens «de la montagne et de la ville», cette pratique ancestrale, menée à des échelles encore jamais vues, conduisent à «une fragilisation irrémédiable du sol sur lequel s’amplifie l’érosion pluviale (…), avec un impact asphyxiant indéniable sur l’écosystème aquatique» et nimbent les vallées d’un panache toxique de particules fines.

La fougère, végétal désormais négligé

«Les éleveurs ou les bergers qui pratiquent ces feux se cachent derrière la tradition [qui consistait à brûler des bosquets, par exemple] pour, en fait, mettre le feu à des surfaces d’une taille inimaginable!», explique Jenofa Cuisset, l’une des membres du collectif. La déprise du pastoralisme et l’abandon de l’utilisation de certains végétaux, comme la fougère, pour la transformer en paille, conduisent à l’embrouissaillement et, à terme, à la fermeture des espaces craignent les éleveurs. «Nous ne disons pas qu’il faut tout arrêter et laisser repousser la forêt, mais il existe d’autres possibilités d’entretenir ces espaces, de manière propre et de nature à protéger l’humus.»

Cinq randonneurs avaient trouvé la mort dans un feu pastoral en 2000 et un agriculteur vient de succomber fin février 2017 dans un incendie qu’il avait lui-même allumé. Le collectif dénonce les risques sanitaires que font peser ces incendies, puisque «l’on risque de se rendre malade alors qu’on va y prendre l’air.» Prév’Air, la plate-forme nationale de prévision de la qualité de l’air, faisait état de pics à plus de 80 µg/m³ pour les PM10 à partir du 19 février (voir photo), après que des dizaines de feux avaient été autorisés dans des conditions météorologiques favorables.

Ce mardi 14, la sous-préfecture de Bayonne, le conseil départemental et la communauté d’agglomération du Pays-Basque recevront les doléances du collectif, qui espère «faire bouger les lignes», et que soit enfin débattue cette question brûlante.



[1] Un arrêté préfectoral 2012 impose une déclaration en mairie et un appel aux pompiers avant tout départ de feu.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus