L’écobuage : l’arme fatale contre les méga incendies

Le 13 mai 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L’accroissement annoncé des périodes de sécheresse, dans de nombreuses régions du monde, ne va pas seulement causer des problèmes aux agriculteurs. Mais aussi à toutes les communautés humaines de ces régions et à l’environnement, régional et global.
 
Car la diminution des précipitations va créer un «terreau fertile» pour le déclenchement et la propagation de méga incendies, annonce un rapport de la FAO, publié jeudi 12 mai.
 
Le concept de méga incendie n’est pas véritablement scientifique. Les experts rangent toutefois dans cette catégorie les sinistres qui s’étendent sur d’importantes surfaces, provoquent d’importants dégâts et s’avèrent difficile à combattre. L’exemple-type est celui du Cedar Fire qui, en 2003, a tué 15 personnes aux Etats-Unis, ravagé 110.000 hectares, détruit plus de 2.000 habitations et coûté 32 millions de dollars (22,4 millions d’euros) aux autorités en charge de la lutte contre les feux. Aux Etats-Unis, ces méga feux représentent 1 à 2% du nombre des incendies, mais 95% des surfaces consumées et 85% des coûts.
 
Le rapport de l’instance onusienne souligne aussi que ces incendies peuvent avoir des conséquences régionales, voire globales. Ils peuvent ainsi perturber le cycle de l’eau et contribuer au renforcement de l’effet de serre. Les incendies qui ont ravagé l’Indonésie, en 1997, ont détruit 10 millions d’hectares de forêt et émis 700 millions de tonnes de gaz à effet de serre (le double de ses émissions annuelles!).
 
En période sèche, peut-on éviter le déclenchement et la propagation de tels feux géants? Oui, répondent les auteurs, en citant les exemples de la stratégie en Floride et dans le sud-ouest de l’Australie. Dans les deux cas, les forestiers procèdent à des allumages de feu préventifs. Chaque année, 10% de la surface qu’ils gèrent partent ainsi en fumée. Sans plus. L’écobuage, soulignent les auteurs, est plus efficace, bien moins cher et moins dangereux que le déploiement de bataillons de pompiers. En outre, cela contribue à fertiliser la terre, le plus naturellement du monde.
 
Ces conseils ne devraient pas empêcher la Russie de connaître une nouvelle vague de méga incendies cette année. Les incendies de forêt en Russie, plus précoces et plus intenses cette année, laissent craindre la répétition du scénario-catastrophe de 2010, d'autant que les autorités minimisent le problème, a estimé Greenpeace ce vendredi 13 mai.

Les incendies de forêt et de tourbière sont plus dangereux que l'année précédente, explique Alexeï Iarochenko. Selon le responsable de Greenpeace chargé des forêts, les feux de forêt font pour le moment surtout rage en Sibérie du Sud, dans l'Oural et en Extrême-Orient, alors que les tourbières brûlent en Russie centrale.

Si les mesures appropriées ne sont pas prises, on sera confronté à la fumée comme l'année dernière, souligne-t-il, évoquant l'épaisse fumée qui avait enveloppé Moscou et sa région en août 2010.
 
Frappée par une sécheresse et une canicule sans précédent, la Russie a été ravagée l'été dernier par des feux de forêt et de tourbière qui ont fait une soixantaine de morts, dévasté des millions d'hectares et des dizaines de villages.

En raison de la chaleur et de la fumée, la capitale russe a enregistré environ 11.000 décès de plus en juillet-août 2010 par rapport à la même période de l'année précédente.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus