« L’éco-taxe Poids lourds ne doit pas financer des projets routiers »

Le 20 janvier 2011 par Célia Fontaine
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Dans une lettre ouverte du 20 janvier, un collectif d’ONG[1] pointe du doigt la controverse qui plane actuellement sur l'utilisation de l'éco-redevance Poids lourds.

Alors que le choix de l’entreprise qui aura en charge la mise en œuvre de la taxe vient d’être arrêté (consortium mené par le groupe italien Autostrade), les associations craignent que les recettes de la future éco-contribution ne soient pas mises à disposition des transports verts.

Initialement prévue pour 2010, la mise en œuvre de cette éco-taxe sur les véhicules de plus de 3,5 tonnes a été reportée à fin 2012 (dans le JDLE), en raison de la technicité du sujet. Elle devrait générer 1,2 milliard d'euros par an, qui serviront à développer les modes de transports de fret les moins émissifs en gaz à effet de serre.

« Au détour d’un débat public relatif à l’éventuelle mise en concession de la route Centre Europe Atlantique (RCEA), certains parlementaires ont proposé d’utiliser les recettes de la future éco-taxe Poids Lourds afin de financer sa mise à deux fois deux voies et d’en assurer la gratuité pour l’usage individuel », explique Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’environnement (APE).

Or, pour les associations, il est important que les sommes collectées au travers de l’éco-taxe soient affectées, via l’Agence pour le financement des infrastructures de transport de France (AFITF), aux infrastructures ferroviaires ou fluviales, conformément aux engagements du Grenelle de l’environnement.

« Entre une privatisation des routes nationales et le détournement de l’éco-taxe Poids Lourds, nous pensons qu’il est possible d'envisager des mesures fiscales alternatives qui passeraient par une mise à contribution des sociétés d'autoroutes pour permettre une redistribution nationale », proposent les associations.

France nature environnement (FNE) rappelle que les distorsions de concurrence entre transport routier et transports alternatifs (rail/fluvial) sont encore trop fortes. « Une affectation ciblée de cette redevance pour le report modal permettra de réduire cet écart de compétitivité du fait que l’on n’impute pas au transport routier son coût réel : dégradation de l’infrastructure[2], pollution de l’atmosphère, congestion, accident… », explique la fédération dans un communiqué.



[1] Agir pour l'environnement - CGT UIT - Greenpeace France - CFDT - France nature environnement - réseau Action-climat France - Fédération nationale des associations d'usagers des transports - Les Amis de la terre, Avec le soutien de l’Association de sauvegarde des coteaux du Lyonnais, Sepanso 64, Non à la deuxième autoroute (Lozère), Code Béarn, Arles Camargue environnement et nature (Acen), Copra184, Collectif « non à l’A10bis », Association du Toulois pour la préservation du cadre de vie (ATPCV), Association pour le respect du site du Mont-Blanc (ARSMB), Collectif anti-contournement de Bordeaux, Vivre en Trièves (A51) et le Collectif RN126

[2] l’impact sur l’infrastructure d’un poids lourds de 40 tonnes est 180 fois supérieur à celui d’un 7,5 t, selon FNE



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