L’éclipse de soleil plongera-t-elle l’Europe dans le noir?

Le 01 décembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'éclipse du 20 mars pourrait réduire d'un tiers la production photovoltaïque européenne.
L'éclipse du 20 mars pourrait réduire d'un tiers la production photovoltaïque européenne.
NASA

L'éclipse de soleil du 20 mars prochain pourrait sensiblement réduire la production des fermes photovoltaïques européennes. Heureusement, les gestionnaires de réseaux de transport d'électricité sont à la manoeuvre.

Une fois n’est pas coutume, les Européens pourront suivre le 20 mars prochain une éclipse totale de soleil. Ce phénomène magnifique, que l’on avait déjà observé le 11 août 1999, devrait être visible sur tout le continent, entre 08 h 40 et 13 heures. Un sacré spectacle en perspective.

Impact important pour le réseau européen

Sauf, peut-être, pour les gestionnaires de réseau de transport (GRT) d’électricité? Entsoe, l’association européenne de ces responsables de l’équilibre des réseaux, rappelle que la capacité installée photovoltaïque européenne devrait flirter avec les 87.000 mégawatts crête et que la baisse d’intensité lumineuse qu’engendrera le rendez-vous de la lune et du soleil, pourrait sensiblement réduire la production du parc européen. «Cela pourrait avoir un impact important sur la sécurité opérationnelle du système électrique européen», confirme l’organisation européenne dans un rapport publié lundi 1er décembre.

Quelle intensité de l’impact?

Pour autant, rien n’est sûr. L’intensité de l’impact de l’éclipse dépend de plusieurs facteurs. Si le temps est beau ce jour-là, ou nuageux, le rayonnement solaire n’aura pas la même intensité. Et avec elle, la production photovoltaïque. Autre facteur important: la température. S’il fait chaud ou froid le 20 mars, la demande en électricité ne sera pas identique. En France, où l’on privilégie le chauffage électrique, la baisse d’un degré en hiver accroît la demande de 2.300 MWe. Soit l’équivalent de deux fois la consommation d’électricité de la ville de Marseille. Troisième variable: quel sera le comportement des Européens. Se précipiteront-ils dehors avec leurs verres fumés sur les yeux ou resteront-ils chez eux ou à leur travail? Dans les deux cas, les effets sur la consommation d’électricité ne seront pas similaires. «Lors de la dernière éclipse de soleil, beaucoup de Français avaient cessé leur activité. La demande d’électricité avait alors baissé de 2% pendant quelques heures», se souvient Jean-Paul Roubin, directeur du Centre national d’exploitation du système chez RTE.

Perturbation nationale et européenne

Pour éviter toute perturbation du système électrique européen, les GRT se préparent. «Depuis l’été dernier, nous simulons tous les cas de figure pour nous préparer», reconnaît Jean-Paul Roubin. Une préparation qui n’a rien d’évident. En France, le risque est faible. Dans le pire des cas, le tiers des 4.000 MWc installés pourraient cesser toute production: l’équivalent d’une tranche nucléaire. Ce qui est parfaitement gérable par RTE. Le problème concerne à la fois les pays où abondent les fermes photovoltaïques (Espagne, Portugal, Allemagne), dont la cessation d’activité brutale pourrait non seulement perturber le réseau national mais aussi, interconnexion oblige, tout le réseau européen.

«C’est la raison pour laquelle nous élaborons différents scénarios avec des capacités de production à démarrage rapide, comme les barrages et des capacités d’effacement», explique le patron du dispatching national de RTE. Car les aiguilleurs du courant européen devront non seulement compenser une baisse éventuelle, brutale et mouvante de la production photovoltaïque, mais aussi gérer la remontée de production, une fois l’éclipse passée. Le tout dans des délais très courts. Autre solution possible: déconnecter, par anticipation, les fermes solaires avant que ne débute l’occultation du soleil, avant de les reconnecter au réseau une fois la lumière revenue. Ce n’est pas la solution favorite des exploitants des centrales solaires. Mais dans bien des coins d’Europe, elle serait synonyme de facilité. A moins, bien sûr, qu’un gros nuage n‘obscurcisse le ciel européen dans la matinée du dernier jour de l’hiver.



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