L'éclairage public attire massivement les insectes

Le 23 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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Le mouvement des insectes autour des lampadaires photographié en pose longue
Le mouvement des insectes autour des lampadaires photographié en pose longue

Pendant trois jours et trois nuits d'août 2011, période pendant laquelle les invertébrés abondent en Grande Bretagne, Thomas Davies et son équipe de l'université d'Exeter ont posé des pièges à insectes dans la petite ville de Helston, à la pointe de la péninsule des Cornouailles. Ils les ont placés directement sous des réverbères, intentionnellement, en espaçant ces pièges de 35 mètres.

Les biologistes britanniques souhaitaient connaître l’impact de l’éclairage artificiel sur les populations d’insectes. Un éclairage qui peut non seulement modifier le comportement individuel des insectes mais aussi affecter profondément la composition de leurs populations, de jour comme de nuit. C’est ce que révèle une étude, publiée aujourd’hui 23 mai dans la revue Biology Letters de l'Académie des sciences britannique.

Selon des données récentes, les surfaces artificiellement éclairées progressent, en moyenne, de 6% chaque année dans le monde, notamment en raison de l'urbanisation galopante. Et les scientifiques n’avaient jusqu’à présent qu'une connaissance limitée des conséquences de cette lumière artificielle sur l'environnement.

Au total, les scientifiques ont récolté 1.194 invertébrés terrestres, représentant pas moins de 60 espèces différentes. Résultat, qu'il s'agisse d'échantillons pris la nuit ou le jour, les invertébrés sont beaucoup plus abondants à proximité des sources d'éclairage. La composition des communautés d'invertébrés sous les lampadaires est également significativement différente de celles situées à l'écart.

Selon les chercheurs, l'éclairage public conditionne la composition de ces communautés d'insectes. Un impact bien supérieur au simple fait d'attirer par une lumière vive pendant la nuit certaines espèces qui se disperseraient de nouveau pendant la journée.

Ainsi, 5 types d'invertébrés sont beaucoup plus nombreux dans les zones éclairées par les réverbères: les faucheux (Opiliones, arachnides cousins des araignées), les fourmis, les carabes, les cloportes et les amphipodes. Cette sur-représentation est notable de jour comme de nuit pour trois d'entre eux (faucheux, fourmis et carabes).

Plus généralement, par comparaison aux zones situées à l'écart de l'éclairage public, celles situées sous les lampadaires contiennent bien plus d'individus appartenant à deux groupes de carnivores: les prédateurs et les charognards.

Ce déséquilibre au sein des espèces d'invertébrés pourrait faire boule de neige et, par le biais de la chaîne alimentaire par exemple, risque d'altérer l'ensemble d'un écosystème, s'inquiètent les auteurs, qui appellent à faire d'autres recherches sur la question.

Etant donné la progression rapide de l’éclairage artificiel, ces bouleversements devraient influer sur la composition des communautés d'organismes sur une grande échelle.

Enfin, l'introduction prochaine de nouvelles technologies d'éclairage, fondées non plus sur le sodium mais sur des halogènes ou des LED, pourrait encore accroître les effets néfastes de l'éclairage public sur l'environnement car elles émettent sur une plus grande gamme de longueurs d'ondes auxquelles ces organismes sont sensibles, concluent les biologistes britanniques.

 



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