L’éclairage nocturne avance le printemps

Le 30 juin 2016 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Un écart dépassant une semaine
Un écart dépassant une semaine
DR

Pour la végétation, le printemps arrive plus tôt en ville. Du fait d’une température plus élevée, mais aussi de l’éclairage nocturne, révèle une étude britannique publiée mercredi 29 juin dans les Proceedings of the Royal Society B.

Le phénomène est désormais bien décrit: en raison d’une température plus élevée, les villes voient leurs arbres bourgeonner quelques jours plus tôt qu’à la campagne. Or un autre facteur pourrait expliquer cette divergence, l’éclairage nocturne. Outre la température, le rythme annuel de la végétation est en effet guidé par la photopériode, à savoir la durée d’ensoleillement sur une journée.

Dans leur étude, Richard Ffrench-Constant, biologiste à l’université d’Exeter, et ses collègues ont analysé, entre 1999 et 2011, les dates de bourgeonnement des arbres dans le Royaume-Uni, rapportées par des amateurs. Leurs résultats révèlent un effet très net de l’éclairage nocturne, mesuré par satellite, en particulier sur les arbres bourgeonnant naturellement plus tard.

Pour le frêne commun (Fraxinus excelsior), celui des villes voit ainsi ses bourgeons débourrer jusqu’à 7,5 jours avant celui poussant en zone rurale. Le même effet, un peu atténué, était observé pour le hêtre commun (Fagus sylvatica) et pour le chêne pédonculé (Quercus robur), tandis que l’espèce bourgeonnant le plus tôt, l’érable sycomore (Acer pseudoplatanus), ne présentait pas d’effet mesurable selon le site.

Un effet distinct de la température

Ce décalage est indépendant de la température, plus élevée dans les centres urbains: d’une part les chercheurs ont analysé l’effet de la lumière sur des sites de même température, d’autre part les résultats sont similaires après exclusion des grandes villes. De plus, l’effet observé semble trop marqué pour n’être dû qu’à la température, note l’équipe.

Ce décalage ville-campagne pourrait être encore plus fort pour les plantes de taille inférieure aux lampadaires, pleinement exposées à la lumière. Selon les chercheurs, il faudrait aussi étudier l’impact de ce phénomène sur les interactions entre la végétation et la faune, notamment les insectes dont le rythme annuel est calqué sur celui des plantes dont ils se nourrissent.

Trop souvent négligée, la lumière nocturne, qui croît de 6% par an à la surface du globe, constitue une pollution aussi bien pour l’homme que pour la faune et la flore. Selon un nouvel atlas publié début juin, 83% des Terriens, mais 99% des Européens et des Nord-Américains, connaissent des nuits polluées par la lumière, avec une hausse d’au moins 8% de la luminosité au zénith. 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus