L’eau en France: tour d’horizon

Le 24 février 2016 par Marine Jobert
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L'eau potable, 145 litres par jour par personne en moyenne.
L'eau potable, 145 litres par jour par personne en moyenne.
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Le Commissariat général au développement durable publie un rapport consacré à l’eau et aux milieux aquatiques. Au travers de chiffres clés, collectés par son service de l’observation et des statistiques et par l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema)[1], c’est un panorama assez complet –quoiqu’un peu daté, puisque certaines données datent quelque peu-

 de l’eau sous toutes ses formes. Petit tour d’horizon subjectif de chiffres.

Sécheresse

Si le méconnu Observatoire national des e?tiages (Onde) –dont la mission consiste à rendre compte de l’état des écoulements des cours d’eau en période estivale- fait état de seulement 3,3 % des sites observés en situation d’assec en 2014[2], le déficit est cependant plus marque? sur le pourtour méditerranéen, ainsi que dans le Nord-Est, en tout début de période (mai-juin). Les restrictions d’eau édictées par les Préfets ont connu leur apogée en 2015 -l’été 2015 est le plus chaud après 2003-, avec 71 départements concernés en août.

Agriculture

Qui a le plus soif? Les agriculteurs, sans conteste, même si le rapport se garde d’annoncer la moindre tendance de consommation, « compte tenu des changements intervenus dans les méthodes d’estimation». Cette eau n’est quasiment pas restituée dans le milieu.

Consommation domestique

La consommation domestique d’eau -en moyenne 145 litres par jour et par habitant en 2012- fluctue fortement d’une région à l’autre, avec 109 litres par jour et par habitant en Nord – Pas-de-Calais et 193 litres en Corse.

Empreinte «eau»

Chiffre intéressant: l’empreinte «eau», soit le niveau de pression qu’une population exerce, par sa consommation, sur la ressource en eau au niveau mondial. Cela revient à calculer l’eau directement consommée par les ménages français et celle utilisée pour la production, en France ou a? l’étranger, de biens ou de services consommés par ces mêmes ménages. En 2007, l’empreinte « eau » de la France est supérieure de 25 % a? la quantité d’eau prélevée sur le territoire, soit 40 contre 32 milliards de m3.

Eau virtuelle

Autre enseignement: la France est virtuellement importatrice nette d’eau, à hauteur de 8,4 milliards de m3[3]. Ce calcul de l’eau « virtuelle » désigne la quantité d’eau nécessaire a? la production des biens, échangés a? l’échelle internationale. Cela signifie que 15 Mdm3 ont été utilisés a? l’étranger pour produire les biens et services importés par la France. La même année, la France aura utilisé 6,6 Mdm3 pour produire des biens qui seront ensuite exportés.

Industrie

Si l’industrie traite mieux ses eaux résiduaires -entre 2008 et 2013, les rejets de matières organiques (DCO, DBO5), d’azote et de phosphore diminuent significativement- les rejets de me?taux toxiques et ceux des compose?s organohaloge?ne?s augmentent de 54 %. En France, l’industrie est responsable d’environ la moitie? des rejets de polluants organiques (l’autre partie e?tant d’origine domestique) et de la quasi-totalite? des rejets de me?taux lourds.

Stations d’épuration

Sur les quelque 20 000 stations de traitement des eaux usées domestiques provenant des re?seaux d’assainissement, 80 % de ces stations ont une capacité inférieure a? 2.000 équivalent-habitants (EH) et traitent moins de 6 % de la pollution totale. L’essentiel de l’épuration incombe donc à des stations de plus de 10.000 EH, qui représentent 6% du nombre de stations mais reçoivent 82 % de la pollution. Neuf stations sur 10 des stations se sont révélées conformes en 2013, c’est-a?-dire qu’elles atteignent les objectifs de dépollution fixés par la directive «eaux résiduaires urbaines». Avec une meilleure qualité dans les grosses stations.

L’outre-mer rencontre de vrais problèmes de salubrité et d’accès a? l’eau potable, car de nombreux ouvrages d’épuration sont non conformes, voire absents. Un problème de qualité, mais aussi de quantité pour satisfaire les besoins en eau potable. L’Onema finance des infrastructures d’assainissement et d’adduction d’eau potable, des programmes de surveillance et des études, grâce à la solidarité interbassins financée par les redevances portant sur les usages de l’eau en métropole (190 millions d’euros d’aides depuis 2008, dont environ un tiers pour la Corse et deux tiers pour l’outre-mer).

 



[1] Issues du syste?me d’information sur l’eau, de donne?es de la statistique publique, de sources administratives, d’e?tablissements publics, d’associations, de fe?de?rations professionnelles

[2] l’eau est totalement évaporée ou infiltre?e sur plus de 50 % de la station de suivi

[3] Chiffres 2007.

 



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