L’eau du robinet: un produit «ultracontrôlé»

Le 12 avril 2007 par Agnès Ginestet
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verre eau 2
verre eau 2

De la source au verre, les points de surveillance sont multiples et les normes de plus en plus exigeantes. Le goût devient aussi un paramètre majeur que les opérateurs prennent en compte pour assurer la satisfaction des consommateurs.

Les directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass) ou les services communaux d'hygiène et de santé (SCHS) des villes sont officiellement chargés de contrôler l'eau potable. Dans le cas des délégations de service public, les opérateurs réalisent également une autosurveillance, car conformément au Code de la santé publique (1), «toute personne qui offre au public de l'eau en vue de l'alimentation humaine, à titre onéreux ou à titre gratuit et sous quelque forme que ce soit, y compris la glace alimentaire, est tenue de s'assurer que cette eau est propre à la consommation».

«Les prélèvements et analyses sont fonction des débits d'eau utilisés et de la taille de la population», explique Alain Baron, de la Ddass de la Haute-Garonne. Ainsi, à Toulouse, ville d'environ 430.000 habitants où Veolia eau gère la production et la distribution d'eau potable, des milliers d'analyses de paramètres sont réalisées chaque année, qui correspondent à la sortie d'usine et à la distribution.

La Ddass et Veolia ont des points de prélèvements communs et distincts répartis sur la ville. «En 2005 et en 2006, aucune anomalie bactériologique n'a été détectée», indique Alain Baron. Depuis décembre 2003, la réglementation (2) impose le contrôle de 54 paramètres bactériologiques et physico-chimiques. De son côté, le gestionnaire mesure aussi en continu, sur l'eau brute et l'eau traitée, des paramètres comme le pH, la turbidité et la matière organique, et réalise des contrôles à différents stades du process de production de l'eau potable.

«Globalement, les exigences de qualité augmentent. A Orléans, nous sommes en avance par rapport à ce qui va nous être demandé», indique Michel Andres, directeur de l'usine d'eau potable de la ville opérée par la Lyonnaise des eaux, où un procédé d'ultrafiltration a été installé en 2006.

L'information circule rapidement entre organe officiel et gestionnaire. Si une anomalie est constatée, la Ddass prévient le gestionnaire. «On lui demande de s'expliquer et de rectifier si besoin», indique Alain Baron. «La Ddass nous demande de purger, de voir si c'est un problème de traitement et de refaire un contrôle», confirme Marie-Pierre Aubry, responsable qualité produit chez Veolia eau à Toulouse. Le gestionnaire doit, lui aussi, prévenir la Ddass s'il observe une anomalie. «Notre échange quotidien va au-delà de la simple réglementation», analyse Marie-Pierre Aubry.

Outre la sécurité sanitaire, les gestionnaires prennent de plus en plus en compte un autre paramètre: le goût. Pour analyser l'impact de la mise en place de plusieurs stations de désinfections au chlore sur le réseau de distribution toulousain en 2007, Veolia eau va prendre en compte le témoignage de 70 personnes formées au goût de l'eau et réparties sur la ville. «Ensuite, on tiendra l'équilibre entre la sécurité sanitaire et le goût», explique Marie-Pierre Aubry. De façon similaire, à Orléans, la Lyonnaise des Eaux a analysé l'impact de sa nouvelle opération d'ultrafiltration. Les dégustations réalisées par 30 consommateurs ont permis de constater que le goût de chlore est beaucoup moins détecté par la population.

Malgré tous ces progrès, un rapport de 2005 du ministère chargé de la santé, utilisant des données de 2002 , a montré que 5,8% de la population avait reçu de l'eau dont la qualité n'étaient pas conforme en permanence aux limites de qualité microbiologique, que 9% était alimentée par une eau dont la teneur en pesticides n'était pas conforme en permanence aux limites de qualité réglementaire, et que 2% des débits d'eau produits n'étaient pas conformes à la limite de qualité en nitrates de 50 mg/l .



(1) article L.1321

(2) Décret relatif aux eaux destinées à la consommation humaine, à l'exclusion des eaux minérales naturelles, version consolidée au 27 mai 2003, JORF du 22 décembre 2001





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