L’E. coli O104:H4 n’a pas fait son nid en Allemagne

Le 16 avril 2014 par Romain Loury
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Une E. coli qui n'est restée qu'en 2011
Une E. coli qui n'est restée qu'en 2011
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L’Escherichia coli de souche O104:H4, à l’origine d’une très importante épidémie survenue au printemps 2011 en Allemagne, ne s’est pas installée dans le pays, confirme une étude menée sur les quelques cas recensés dans les mois qui ont suivi.

 

Avec plus de 4.000 malades et 47 personnes décédées, cette épidémie, liée à la consommation de graines germées de fenugrec, est la plus importante d’E. coli jamais survenue. Autre particularité, elle était due à une souche jusqu’alors très rarement décrite, du moins jamais en Europe, l’O104:H4. S’il y a eu des craintes de voir cette bactérie virulente s’installer en Europe, il semblerait, trois ans plus tard, qu’il n’en est rien.

C’est ce qui ressort d’une analyse des cas survenus en Allemagne entre la fin déclarée de l’épidémie, le 5 juillet 2011, et le 31 décembre de cette année. Publiée dans la revue Eurosurveillance, bulletin du centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC), elle porte sur 33 cas d’infection par E. coli O104:H4, dont 22 confirmés, 7 probables et 4 possibles.

Lors des enquêtes menées auprès de ces personnes, aucune d’entre elles ne se souvenait avoir consommé de graines de fenugrec. Dans deux tiers des cas, l’infection semblait le fait d’une transmission secondaire -à l’occasion d’un contact avec une personne malade.

Baisse de la proportion de SHU

Parmi les 20 cas confirmés ou probables présentant des symptômes de l’infection, un seul avait développé un syndrome hémolytique et urémique (SHU), grave complication de l’E. coli. Le risque de SHU chez les personnes infectées semble donc très réduit par rapport aux 20% observés pendant l’épidémie.

Selon les chercheurs, de l’Institut Robert Koch de Berlin, il s’agit peut-être d’«une virulence réduite de la souche épidémique à cette période [deuxième semestre 2011, ndlr], soit en raison de la prédominance d’une voie non alimentaire, soit du fait d’un affaiblissement de la bactérie».

Le dernier cas de maladie remonte au 6 novembre 2011. Après cette date, aucun autre cas d’E. coli O104:H4 n’a été observé en Allemagne. Les auteurs évoquent seulement deux cas suspects en 2013, liés aux souches O104:H7 et O104:H21.

L’été 2012, une touriste allemande est revenue malade de Turquie, porteuse d’une infection liée à une souche O104, mais sans qu’on puisse affirmer qu’il s’agisse d’une O104:H4. Cela n’aurait rien d’improbable: l’O104:H4 est bien présente en Turquie, où des touristes l’ont déjà attrapée (voir le JDLE).



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