L’avenir humain assombri par le déclin de la biodiversité

Le 06 mai 2019 par Romain Loury
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La sécurité alimentaire en péril
La sécurité alimentaire en péril

Alimentation, santé, économie, conflits, migrations… comme le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité prépare un sacré coup de boomerang à l’Humanité. Elle ferait bien d’agir rapidement pour s’en prémunir, ont prévenu lundi 6 mai les auteurs du rapport de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les systèmes écosystémiques (IPBES).

«Les contributions apportées aux populations par la biodiversité et la nature sont notre patrimoine commun et forment le plus important ‘filet de sécurité’ pour la survie de l’humanité. Mais ce filet de sécurité a été étiré jusqu’à son point de rupture», juge l’Argentine Sandra Diaz, co-présidente du rapport dévoilé lundi 6 mai par l’IPBES.

Parmi ces nombreux services écosystémiques, dont la survie de l’homme dépend, figurent notamment la pollinisation, l’alimentation, la régulation climatique, la qualité de l’eau et de l’air, mais aussi des éléments plus immatériels tels que le bien-être ou l’inspiration artistique. Avec la fonte de la biodiversité, l’avenir de l’humanité pourrait bien s’assécher.

14 contributions sur 18 en déclin

Sur les 18 contributions de la nature qu’a évaluées l’IPBES, 14 sont ainsi en déclin, mondial ou régional. Seules en hausse, la production alimentaire, la pêche, la collecte de matériaux (bois, métaux, etc.) et la production de bio-énergie. Or c’est justement la hausse de ces 4 contributions naturelles qui entraîne la baisse des autres.

Conséquence directe de ces tendances négatives, le déclin de la biodiversité va compliquer l’atteinte des objectifs de développement durable dans 80% des cas (35 sur 44) où les cibles ont été évaluées. Parmi les plus compromis, ceux ayant trait à la pauvreté, à la faim, à la santé, à l’eau, aux villes, au climat, aux océans et aux sols.

Des réfugiés de la biodiversité

Le constat n’est pas sans rappeler celui dressé par le Giec(x) sur la question climatique. Un parallèle que reconnaît d’ailleurs Yunne-Jai Shin, directrice de recherche à l’unité mixte de recherche Marbec? (Institut de recherche pour le développement –IRD–, Montpellier) et co-auteure du rapport: «Il va falloir réfléchir davantage aux usages de la biodiversité dans le monde parce que, sinon, cela va nous revenir comme un boomerang. Et de même qu’il y aura des réfugiés climatiques, il y aura des réfugiés de la biodiversité. On aura beau ériger des frontières à nos pays, il y a des téléconnections mondiales».

(x) Giec: Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat



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