L’avenir contrarié des énergies renouvelables

Le 02 octobre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le silicium, matière première pour la fabrication de cellules photovoltaïques.
Le silicium, matière première pour la fabrication de cellules photovoltaïques.
VLDT

Plus on en aura besoin, moins on en installera. Tel est le résumé, lapidaire, du dernier rapport que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) consacre aux énergies renouvelables.

Toutes les fées de la réussite sont pourtant penchées sur le berceau de l’éolien, du solaire, de l’hydraulique ou de la biomasse. L’engouement pour ces énergies vertes est réel depuis quelques années. L’an passé, rappelle le club Energie des pays de l’OCDE, près de 130 gigawatts de capacités nouvelles ont été mises en service: deux fois plus qu’en 2008.

270 milliards de dollars en 2014

Les avancées technologiques et les effets d’échelle aidant, les coûts des ex-énergies nouvelles ne cessent de chuter. Entre 2010 et 2015, rappelle l’AIE, les coûts de production de l’éolien terrestre ont chuté de 30%. Dans le même temps, ceux du photovoltaïque s’allégeaient d’un quart. Et les perspectives ne sont pas nulles: d’ici à 2020, le coût moyen du mégawattheure des turbines pourrait encore diminuer de 10%, –mais de 25% pour l’électron solaire. Ce faisant, l’AIE estime que 26% de l’électricité consommée dans le monde, en 2020, pourrait être d’origine renouvelable: 4 points de mieux qu’en 2013. L’an passé, le chiffre d’affaires mondial du renouvelable a atteint 270 milliards de dollars (242 Md€).

Incertitudes juridiques

Pourtant, les perspectives ne sont pas aussi rayonnantes qu’on pourrait le penser. Les prospectivistes de l’AIE estiment que le marché des renouvelables électriques devrait légèrement reculer dans le monde ces 5 prochaines années. Sans surprise, c’est l’incertitude juridique la première responsable. Les investisseurs attendent de voir traduits dans le marbre juridique les objectifs que se fixeront les principaux consommateurs d’énergies vertes: Chine, Union européenne, Etats-Unis et Japon. Dans les pays en développement, c’est l’accès aux sources de financement qui est pointé du doigt. Résultat: les électriciens devraient installer environ 120 GWe/an de capacités éoliennes, hydrauliques ou photovoltaïques d’ici 2020. Avec des politiques incitatives et cohérentes, le rythme de mise en service pourrait être accru de 25% et atteindre 160 GWe d’ici la fin de la décennie.

La biomasse moins soutenue

Les renouvelables ne servent pas seulement à produire de l’électricité. La valorisation de la biomasse ou du solaire contribue à produire d’importants volumes de chaleur. Problème: les soutiens accordés à la production de chaleur par biomasse ou énergie solaire sont moindres que pour les renouvelables électriques. Or le potentiel de la chaleur renouvelable dans l’industrie est très important, soulignent les auteurs. Facilitant la suppression des subventions à la consommation de carburants fossiles, la chute des prix du pétrole n’aide pas forcément, en revanche, le développement des agrocarburants. Les usines de carburants d’origine végétale de nouvelle génération ne sont amortissables qu’avec un prix du baril flirtant avec les 100 $ (89,6 €): deux fois le niveau de prix observé actuellement sur les marchés.

Environ 11% de l’énergie consommée dans le monde est d’origine renouvelable, estime le service des statistiques du département américain à l’énergie. Ce pourcentage pourrait atteindre 15% en 2040.

 



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