L’avenir brouillé des engrais minéraux

Le 21 mars 2014 par Romain Loury
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Pour l'instant, tout va bien.
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Vouée à produire de plus en plus au cours des prochaines décennies, l’agriculture mondiale s’expose-t-elle à un risque d’épuisement des engrais minéraux? Pas dans l’immédiat… mais l’approvisionnement pourrait connaître des tensions en raison de facteurs commerciaux et géopolitiques, estiment des chercheurs de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) dans un rapport.

Au vu des dernières années, le marché des engrais minéraux (azotés, phosphatés ou potassiques) a de quoi inquiéter: «calculé en termes réels (base 100 en 2005), leur prix est passé, en France, d’un indice 95 sur la période 2000-2005 à 145 au premier trimestre de l’année  2012, après avoir culminé à 190 fin 2008», selon le rapport rédigé par le Laboratoire d’études et de recherche en économie (LERECO, UR1134 de l’Inra, Nantes).

énergie, consommation, manque d'investissement

Cette inflation est imputable à plusieurs facteurs: «augmentation substantielle du prix de l’énergie, dynamique soutenue de la demande mondiale, manque d’investissement dans les industries extractives, forte concentration de l’offre». Voilà qui augure mal de l’avenir alors que, au rythme actuel, la production mondiale devrait croître d’environ 60% pour couvrir les besoins mondiaux de 2050, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Se pose dès lors la question des stocks. Pour les experts de l’Inra, «le risque d’un épuisement de ces ressources n’est pas avéré, du moins à moyen terme (i.e. d’ici la fin du siècle)». Pour les engrais phosphatés, les réserves connues permettraient de tenir 390 ans à production constante et 189 ans si la production augmente de 2% par an jusqu’en 2050. Pour les potassiques, compter 257 ans à production constante et 131 ans si la production augmente de 2% par an jusqu’en 2050.

Des freins géopolitiques?

«La relative abondance des ressources ne signifie pas que l’offre sera nécessairement disponible dans toutes les zones du monde potentiellement impliquées», notent cependant les chercheurs. Car les difficultés à venir -et celles déjà présentes, dont témoigne la récente hausse des prix- paraissent avant tout liées à des facteurs commerciaux, voire géopolitiques.

Or manque de chance, la plupart des gisements se trouvent, comme le pétrole, concentrés dans des pays au contexte fragile. Ainsi pour les engrais azotés: la Russie, le Turkménistan, l’Iraq et le Qatar concentrent 60% des réserves de gaz naturel, nécessaire à la fabrication des engrais azotés. Le Maroc dispose quant à lui de 70% des réserves d’engrais phosphatés. Quant aux engrais potassés, on les trouve avant tout au Canada (46%) et en Russie (35%). De quoi raviver le recours aux alternatives, engrais organiques ou légumineuses, plus durables et plus propres…



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